Exposition Pérez Celis

La Fondation Pérez Celis et l’Alliance Française présentent les interprétations visuelles du recueil Feuilles d’herbe de Walt Whitman*, illustrées par le prestigieux artiste-peintre argentin, Pérez Celis.

Le talent de Pérez Celis donne lieu à une rencontre inoubliable entre la poésie de Whitman et la traduction de Borges.

La passion de peindre

Né le 15 janvier 1939 à San Telmo, Buenos Aires, Pérez Celis a grandi dans le quartier de Liniers.

Sa vocation artistique se révèle dès son enfance, elle apparait comme une évidence : il dessinait sans cesse en classe et réalisait même des bandes dessinées.

À quinze ans, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts “Manuel Belgrano”, mais n’y reste qu’une année. Refusant toute influence académique, il est déterminé à devenir un peintre libre.

En 1958, à dix-sept ans, il organise sa première exposition à la Galerie La Fantasma et publie son premier article dans le journal “Democracia”. Durant cette année, la rétrospective consacrée à Vasarely au Musée National des Beaux-Arts influence l’évolution de son style.

En 1959, Pérez Celis a dix-huit ans, il épouse Sara Fernández et le couple s’installe en Uruguay, invité par Carlos Páez Vilaró. Cette période est difficile : ils vivent de peu, on dit que « les coquillages ramassés sur la plage agrémentés d’un peu de riz sont leur quotidien ».

L’artiste revient à Buenos Aires en 1960 et ouvre un atelier dans le centre-ville avec le soutien de Guido Di Tella, son premier mécène. En 1961, il rejoint un groupe d’artistes tels que Julio Le Parc, Hugo Demarco et Francisco Sobrino, qui l’initient à la peinture géométrique et à l’art cinétique.

En 1962, il réalise plusieurs peintures murales, dont “Fuerza América” et celle de l’aéroport international “Ministro Pistarini”. Cette même année, à 23 ans, il présente sa première exposition individuelle, où toutes ses œuvres sont vendues.

Les expériences de voyages et de rencontres ponctuent la vie de Pérez Celis ; cela va lui permettre d’étoffer son style et ses inspirations. En effet, son séjour de près de deux ans à Lima marque sa production artistique par le contact avec les cultures préhispaniques. D’autre part, son voyage aux États-Unis en 1967, l’amène à découvrir l’acrylique, matériau qu’il adopte par la suite.

En 1971, il représente l’Argentine au Salon de Paris. Après un tragique accident en 1975 qui coûte la vie à son épouse et le blesse grièvement, il épouse en 1977 Iris Margarita Laconich.
En 1979, le couple s’installe à Paris pour près de cinq ans, période durant laquelle Pérez Celis explore de nouvelles techniques et matériaux, influencé par les grands musées européens. Pérez Celis a passé une période fructueuse à Paris, où il a noué des amitiés avec de grandes personnalités françaises telles que Jean Cassou, Gaston Diehl, Roger Bouillot et Claude Couffon. Son domicile est devenu un lieu de rencontre pour la communauté artistique argentine à Paris. Dans les années 1970 et 1980, son foyer accueille des figures emblématiques comme Astor Piazzolla, Mercedes Sosa et Bruno Gelber. Pérez Celis a également été l’un des membres fondateurs de la première tanguería à Paris, “Les Trottoirs de Buenos Aires”.

Un collectionneur américain l’invite ensuite à s’installer dans le Connecticut, où il organise une exposition couronnée de succès. Par la suite, Celis partagera son temps entre Buenos Aires et New York.

En 1985, une grande exposition est présentée au Centro Cultural Recoleta. En 1994, une rétrospective de son œuvre à la Bibliothèque nationale attire plus de 300 000 visiteurs. Au Japon, il connaît également un vif succès, avec notamment une peinture murale installée dans la galerie Sanyo à Tokyo en 1995.

Grand amateur de football et fervent supporter de Boca Juniors, Pérez Celis réalise en 1997 deux peintures murales, “Ídolos” et “Mito y Destino”, pour le stade de la Bombonera à Buenos Aires. Il laisse également son empreinte artistique dans divers lieux publics, tels que l’Université de Belgrano et le complexe immobilier Central Park dans le quartier de Barracas, où se trouvait son atelier.

En octobre 2001, la Commission de la culture de la Chambre des députés déclare son œuvre et sa carrière d’intérêt culturel. Cette même année, il présente l’exposition “Tributo” au Palais de Glace de Buenos Aires.

Pérez Celis a donné des conférences dans des écoles, des institutions et des universités à travers le monde, et son œuvre a fait l’objet de nombreuses publications en différentes langues. Plusieurs livres ont été écrits sur son travail, par des auteurs tels que Gastón Diehl, Rafael Squirru, Ted Castle et Peter Frank. Sa production artistique finale compte près de cinq mille tableaux.

Atteint de leucémie, il décède le 2 août 2008 à Buenos Aires, à l’âge de 69 ans. Ses œuvres sont présentes dans d’importantes collections privées, musées et galeries à travers le monde, notamment au Musée d’Art Moderne de Buenos Aires et au Museum of Modern Art de New York.

Une collaboration artistique avec Jorge Luis Borges

Parmi ses nombreuses contributions artistiques, Pérez Celis a illustré la traduction espagnole de Feuilles d’herbe de Walt Whitman, réalisée par le célèbre écrivain argentin Jorge Luis Borges. Cette collaboration unique marie la profondeur poétique de Whitman, la traduction érudite de Borges et l’interprétation visuelle vibrante de Pérez Celis, offrant une expérience artistique multidimensionnelle. Les illustrations de Pérez Celis ajoutent une dimension visuelle aux vers de Whitman, enrichissant ainsi la compréhension et l’appréciation de l’œuvre.

  • Quoi: Exposition des illustrations de Feuilles d’herbe, traduit en espagnol par Jorge Luis Borges
  • Quand: Du 28 février au 12 avril 2025
  • : Alliance Française, siège central, Av. Córdoba 946 – CABA

*Walt Whitman, né en 1819 à Long Island, a publié Feuilles d’herbe en 1855. Ce recueil, composé de douze poèmes sans titre, a été remanié tout au long de sa vie, jusqu’à sa version finale en 1892, année de sa mort.

 

Elisabeth Devriendt


 

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