Si le blocage d’Ormuz “perdure encore deux ou trois mois”, la France entrera “dans une ère de pénurie énergétique”

Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, appelle à renforcer la «résilience» des chaînes d’approvisionnement énergétique face aux tensions dans le détroit d’Ormuz, en plaidant notamment…

25 avril 2026 (Le Figaro) : Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, appelle à renforcer la «résilience» des chaînes d’approvisionnement énergétique face aux tensions dans le détroit d’Ormuz, en plaidant notamment pour de nouveaux investissements dans les infrastructures de transport, dont des oléoducs.

Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a appelé vendredi à la «résilience» face au blocage du détroit d’Ormuz, évoquant des investissements «probablement dans de nouveaux pipelines» afin de réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. Affirmant qu’il sera difficile de se passer du pétrole issu du Golfe, «très bon marché», Patrick Pouyanné a plaidé pour l’émergence d’alternatives au détroit d’Ormuz.

«Ce qui est sûr – et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine – c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système», a-t-il affirmé lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, près de Paris. «Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur (…) Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement, probablement dans de nouveaux pipelines afin de constituer un réseau de pipelines», a ajouté le patron de la compagnie pétrolière française.

«Un enjeu crucial»

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz – où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde – est quasiment paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens. Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.

«Nous avons désormais absorbé tout le surplus (des stocks, ndlr). Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques», a ajouté Patrick Pouyanné.«La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20% des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures», a-t-il dit. «Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial», a-t-il poursuivi, rappelant que son entreprise avait «perdu 15% de (sa) production au Moyen-Orient» avec cette guerre.

 

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