“La Fabrique de la Diplomatie” s’est installée à Buenos Aires

Diplomates, universitaires, journalistes et étudiants se sont réunis le 12 mai 2026 à l’Universidad Argentina de la Empresa, pour une journée consacrée aux grands enjeux des relations internationales et au rôle renouvelé de la diplomatie dans un contexte mondial troublé.

À l’initiative de monsieur Romain Nadal, ambassadeur de France en Argentine, et avec le concours de la fondation « Embajada Abierta » et du Consejo Argentino para las Relaciones Internacionales, « La Fabrique de la Diplomatie » s’est pour la première fois installée en dehors du territoire français le 12 mai dernier. Sur le modèle d’une précédente édition ayant rencontré un large succès en Sorbonne l’an dernier, les locaux de l’Universidad Argentina de la Empresa se sont à leur tour changés en un lieu de réflexions géopolitique le temps d’une journée. Plus de vingt ambassadeurs en mission dans les Amériques, du Canada à la Terre de Feu, les représentants d’une dizaine d’universités, nombre de professeurs et de journalistes se sont rassemblés pour rendre visible, accessible et intelligible l’action diplomatique à plusieurs centaines d’étudiants venus pour cette occasion unique.

Loin des représentations d’une profession enfermée dans ses protocoles, les diplomates ont partagé leurs expériences et insisté sur les réalités d’un métier de terrain, exigeant et profondément humain : « la diplomatie n’est pas une scène de gala » précise à ce titre l’ambassadeur de France en Argentine dès les commencements de cette rencontre. Par ailleurs, la diplomatie ne s’aurait être l’affaire exclusive des chancelleries, indiquent chercheurs et spécialistes mais se construit également dans les universités, les « think tanks » et les associations, à l’écart des seules logiques de confrontations.

Les échanges ont par la suite été à la hauteur de la gravité d’un contexte international bouleversé. Juan Gabriel Tokatlian, professeur en sciences politiques à l’Université Torcuato Di Tella, explique combien la situation actuelle et pour les années à venir exige de la part de chacun engagement et lucidité : douze mille ogives nucléaires réparties entre neuf États, des budgets militaires élevés à des niveaux historiques ainsi que trois conflits ouverts dans lesquels les règles humanitaires et le droit sont à ce point ignorés.

C’est précisément dans cette perspective que le rapprochement entre l’Europe et l’Amérique du Sud prend une importance renouvelée. L’accord entre l’Union Européenne et le Mercosur, entré en vigueur peu avant l’événement et au terme de vingt-cinq années de négociations, en constitue le signal le plus tangible. Forts d’un milliard d’habitants et près d’un tiers des membres des Nations Unies, ces deux ensembles régionaux ont la capacité de construire les règles collectives souhaitées au lieu de rapports de force unilatéraux.

Par-delà son succès, cette déclinaison porteña de « La Fabrique de la Diplomatie » a conservé en plus du format d’origine l’importance de son esprit premier. Conférences, débats et témoignages étaient ainsi à l’ordre du jour pour rappeler le rôle crucial des générations futures dans la construction d’un nouvel ordre mondial. « Votre curiosité et votre engagement sont ce dont les relations internationales de demain ont le plus besoin », ajoute aux termes de la journée Alix Everard, directrice des Amériques et des Caraïbes au ministère des Affaires étrangères.

 

Aurélien Fressinet

 

 

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