France-Espagne : un duel de prestige pour entrer dans l’histoire
La demi-finale entre les Bleus et la Roja s’annonce comme un rendez-vous grandiose de Coupe du monde. Spectacle garanti.
14 juillet 2026 (Le Figaro) : New York, Philadelphie, Boston, pour le premier tour, puis de nouveau les mêmes villes pour la phase finale, avant de découvrir cette fois une autre Amérique, avec Dallas, théâtre d’un rendez-vous très attendu entre la France et l’Espagne. Pour les hommes de Didier Deschamps, la quête d’une troisième étoile passe par la ville marquée par l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963. Le décor est planté, au Texas, dans l’AT&T Stadium d’Arlington, enceinte climatisée de 80 000 places, où les Bleus et la Roja se disputent ce mardi (21 heures, M6, beIN Sports, 14 heures heure locale) une place en finale de la Coupe du monde.
Un rendez-vous immense, grandiose et terriblement excitant entre les vice-champions du monde et les champions d’Europe. Derrière cette affiche entre deux poids lourds européens, se dévoile la promesse d’un match ouvert entre deux nations qui ne s’apprécient guère. Tension extrême. Rivalité maximale. Place à la haute voltige. Dans quelques heures, il n’en restera plus qu’une en mesure de décrocher le titre tant convoité face à l’Argentine ou à l’Angleterre, attendues sur le ring mercredi à Atlanta.
Laver l’affront du dernier Euro
Dans l’inconscient collectif, quel que soit votre âge ou votre rapport au football, un France-Espagne n’est jamais un match comme les autres. Entre voisins, l’animosité est bien réelle, nourrie par des batailles homériques et des soirées qui ont mis en transe les supporters des deux camps. Comment oublier la finale de l’Euro 1984 avec le coup franc de Platini et la boulette d’Arconada, le quart de finale de l’Euro 2000, avec les buts de Zidane et Djorkaeff, sans oublier le penalty raté de Raul, ou encore le huitième de finale de la Coupe du monde 2006, marqué par le grand retour de Zidane. Mais nos rivaux ont aussi une autre lecture, plus récente, avec deux victoires consécutives face aux Bleus de Kylian Mbappé. D’abord la demi-finale de l’Euro 2024, avant le titre continental, puis le succès en demi-finale de Ligue des nations, un an plus tard. Deux mauvais souvenirs pour le clan français. Si Didier Deschamps réfute l’idée d’une revanche, sa troupe, elle, pense le contraire.
Laver l’affront contre l’Espagne avant d’en faire de même face à l’Argentine en finale, ce qui reviendrait à faire tomber le champion d’Europe puis le champion du monde en moins d’une semaine, voilà un plan de bataille qui fait rêver les Bleus. Au Texas, terre de cow-boys, cette affiche s’avance comme un sommet du football mondial. La première nation contre la troisième au classement Fifa. Une promesse de spectacle. Des stars partout sur le terrain et deux idées du football qui s’opposent. La France, avec la deuxième meilleure attaque du tournoi, et l’Espagne, meilleure défense, semblent avoir inversé les rôles cet été pour briller sur la plus belle scène planétaire.
« Si la France doit craindre une équipe, c’est l’Espagne », a lancé Lamine Yamal, jamais le dernier pour enflammer l’avant-match. « Soit ils enchaîneront une troisième finale, soit on les battra une troisième fois de suite. » Sauf que, jusqu’à maintenant, l’Espagnol (1 but) est éclipsé par les Mbappé, Messi ou Kane et même Haaland, rentré à la maison. Le capitaine des Bleus, bien entouré par ses lieutenants Dembélé, Olise, Doué ou Barcola, s’avance aussi comme le personnage principal d’un choc qui fait saliver tous les amoureux du foot. Le plateau final de cette édition 2026 oppose les quatre premières nations au monde. Impossible de rêver mieux. La guerre des étoiles. Sublime bouquet final.
Après avoir écarté la Suède, le Paraguay et le Maroc, la France s’attaque à ce qui se fait de plus beau et de plus clinquant pour laisser une trace dans l’histoire de son sport. Éliminer la Roja, pour tout ce qu’elle représente du passé et du présent, aurait un retentissement planétaire. Et conforterait les promesses de frissons et d’émotions entrevues depuis le début de la compétition. Offrir au public français une place en finale de la Coupe du monde, la troisième en trois éditions, un soir de 14 juillet, dans un pays en liesse… Tout semble trop beau pour être vrai. Impossible n’est pas français.
Baptiste Desprez
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