Le maire de Trappes appelle à interdire “par la loi” la théorie du “grand remplacement”

Le maire de Trappes réclame une loi interdisant la théorie du “Grand remplacement”, jugeant les sanctions actuelles trop faibles face à l’incitation à la haine raciale.

31 octobre 2026 (Le Parisien) : Après le drame, Ali Rabeh veut passer à l’action. Invité sur France Inter ce vendredi matin, le maire (Génération. s) de Trappes, ville endeuillée par l’attentat raciste qui a fait un mort et plusieurs blessés vendredi dernier, a appelé interdire la théorie du « Grand remplacement ».

Cette expression, apparue au sein de l’extrême droite au début des années 2010, est complotiste et raciste. Elle renvoie à l’idée que la population française serait remplacée par une autre d’origine étrangère et non européenne, tout particulièrement les musulmans. « Je pense qu’il faut durcir la loi », a affirmé le maire, estimant que les « dispositions qui empêchent l’incitation à la haine raciale » sont aujourd’hui « insuffisantes ».

Et l’édile de constater « qu’un homme comme Éric Zemmour, condamné déjà à quatre reprises pour incitation à la haine, négation de crime contre l’humanité est encore l’invité de quasiment tous les plateaux pour déverser sa haine et son fiel sans être menacé d’autre chose que d’une peine d’amende qui pour lui est anecdotique. »

Dans le détail, le maire de Trappes assure qu’il est possible de modifier la loi. « On peut tout à fait insérer à l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse un élément qui indique que nous punirons de peines prévues (…) ceux qui auront présenté un groupe de personnes, en raison de leur origine, de leur appartenance à une religion, une ethnie ou une prétendue race comme des acteurs d’un processus de remplacement (…) », a-t-il développé au micro de France Inter.

Distinguer « adversaires » et « ennemis » politiques

Ali Rabeh a également pointé une « dérive inquiétante qui consiste à renvoyer dos à dos (…) la prétendue extrême gauche et l’extrême droite » et appelle les forces politiques à « distinguer ses ennemis de ses adversaires ». « En France, on a longtemps tenu la ligne du cordon sanitaire », a-t-il retracé, appelant à prendre des positions fermes face à l’extrême droite.

Le tireur, Kévin T., a admis avoir « spécifiquement ciblé des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain », et choisi Trappes, « un repaire d’islamistes » à ses yeux, a déclaré le procureur national antiterroriste Olivier Christen jeudi. Une formule qui fait écho aux propos du président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, qui, en 2022 sur C8 dans une émission de Cyril Hanouna, avait comparé Trappes à « une petite République islamique en miniature », alors que la commune avait vu des dizaines de jeunes rejoindre le djihad en Syrie.

Matthias Colboc

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