Le programme « La Condamine » de l’USAL

Guillaume Gibert est le coordinateur du programme « La Condamine », il exerce ses fonctions depuis 2006. Il nous accueille, pour répondre à nos questions, dans l’espace francophone USAL-AUF* inauguré en novembre 2022, dont il est également responsable.

Retournons un peu dans le passé et plus précisément en 1956 lors de la création de l’USAL par les jésuites. Elle fait partie de la première vague d’universités privées en Argentine.

Un changement de cap s’opère en 1975 lorsque le rectorat passe aux mains des laïques sous l’impulsion de l’actuel Pape Francisco. Ce lien du chef d’état du Vatican avec l’université est une réelle fierté. Néanmoins, l’importance de l’Université s’exprime également de bien d’autres manières : 20 000 étudiants, des campus dans la capitale avenues Callao et Córdoba, à Virasoro (Province de Corrientes) ou encore à Pilar, à une cinquantaine de kilomètres de la métropole. L’USAL L’université du sauveur accueille des étudiants argentins mais aussi étrangers dans le cadre notamment d’échanges universitaires possibles grâce aux nombreux accords de coopération dont elle jouit. Les étudiants profitent d’un éventail de matières très large, allant du sport, qu’il est idéal de pratiquer à Pilar où terrains de football, lacs, terrains de tennis sont nombreux jusqu’au français qui est une matière importante d’enseignement dans le programme « La Condamine ».

« C’est un programme intéressant qui a été pionnier dans son fonctionnement » explique Guillaume à propos de La Condamine. Il permet aux étudiants de suivre leurs études en Argentine et d’obtenir deux diplômes, de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et de l’USAL, en droit ou en gestion sans avoir à se déplacer en France. La mobilité enseignante de l’Hexagone vers Buenos Aires est la clef dans l’acquisition de ces deux diplômes. Le programme a vu le jour en 1998 à l’aide d’un fonds que l’on doit aux entreprises françaises de la Chambre de commerce et d’industrie franco-argentine de l’époque. Au départ gestion et économie étaient les cursus dispensés, puis est venu s’ajouter le droit. « Ces filières sont exigeantes ce qui explique en partie les effectifs relativement réduits » ajoute Guillaume. Durant les deux premières années les cours sont en français et traduits en espagnol, les examens peuvent être réalisés dans la langue souhaitée. En revanche lors de la troisième année il n’y a plus de filet de sécurité ce qui pousse les étudiants à intégrer le français afin d’acquérir les diplômes de maîtrise française et de licenciatura argentine, ou d’avocat, selon la Filière.  Avec l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, les Universités Paris-Nanterre, Lumière Lyon 2, Jean Moulin Lyon 3, Montpellier et Bordeaux sont membres du consortium des universités du programme du droit. Pour la filière de gestion, le fonctionnement tourne autour d’un accord bilatéral avec Paris 1. Le financement apporté par les entreprises de la Chambre de Commerce et d’industrie franco-argentine a permis de financer des bourses d’études. Ce financement ayant diminué, l’USAL en a conservé le principe et alloue un total de 15 bourses d’excellence aux étudiants des filières du programme La Condamine.

L’évolution du nombre de nouveaux inscrits chaque année dans le programme n’est pas très significative, vingt à la fin des années 90, puis une quinzaine, l’effectif des étudiants en première année s’est stabilisé ces dernières années autour d’une dizaine pour la filière gestion. Quant à la filière de droit, elle accueille, en première année et chaque année, autour d’une vingtaine de jeunes esprits avides de connaissances pluridimensionnelles. Pour 2024, au vu de son succès, ce cursus devrait ouvrir un nouveau niveau : un « master 2 ». Enfin, sur la longue liste d’avantages que procure le programme « La Condamine » il faudrait y ajouter la possibilité avec le diplôme obtenu de travailler dans l’union européenne, car il y est reconnu.

La passerelle franco-argentine mise en place par l’USAL est consolidée par sa récente fonction d’écrin de la francophonie. Désignée par l’AUF*, l’université continue d’approfondir son réseau relationnel avec la France au bénéfice de tous. L’essentiel du projet reste axé sur le profit que l’étudiant retire de son passage dans le programme, « c’est un tremplin », « c’est très solide, les étudiants sont trilingues, ils ont un diplôme franco-argentin, une licence et un master 1 ».

Une fois la formation achevée, les liens noues entre étudiants et entre étudiants et enseignants restent particulièrement solides et permettent de tisser un fort réseau d’appartenance et de proximité tout autour du globe : l’une des caractéristiques magiques du programme « La Condamine ».

Thomas Bernardon

* « Lancement de l’espace USAL-AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) », lire l’article de Trait-d’Union du 19/11/2022

 


 

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