IA, pharmacie, logistique…Quels sont les principaux investissements annoncés lors de Choose France 2026?
La neuvième édition du sommet Choose France, organisée ce lundi au château de Versailles, a une nouvelle fois été l’occasion d’une série d’annonces d’investissements étrangers dans l’Hexagone.
2 juin 2026 (Le Figaro) : Un cru 2026 «record», s’est félicité Emmanuel Macron. Data centers, acier décarboné, sites logistiques et même cookies : la neuvième édition du sommet Choose France, organisée ce lundi au château de Versailles, grand-messe dédiée à l’attractivité de la France, est une nouvelle fois l’occasion d’une série d’annonces d’investissements étrangers dans l’Hexagone. Une édition 2026 «record», s’est félicité Emmanuel Macron, avec 93 milliards d’euros d’investissements confirmés à travers 71 projets, représentant 15.600 emplois créés, selon l’Élysée. Tour d’horizon des principales annonces.
L’IA en tête de gondole avec SoftBank et Salesforce
Le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank a annoncé dès samedi soir une enveloppe de 75 milliards d’euros, dont 45 milliards d’ici à 2031, dans les Hauts-de-France, pour la construction de centres de données, soit «l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle», selon son patron, Masayoshi Son.
Parmi les autres nombreuses annonces dans ce secteur, le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield investira 10 milliards d’euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l’IA en France pour atteindre jusqu’à 30 milliards au total. Le fonds émirati MGX et Bpifrance annoncent eux «la sélection imminente d’un deuxième site» pour construire des infrastructures liées à l’IA, représentant «un investissement d’environ 7,5 milliards d’euros», après le Campus AI de Fouju (Seine-et-Marne), projet en coentreprise avec Mistral AI et Nvidia, «actuellement en construction».
L’américain Salesforce, spécialisé dans la distribution de logiciels de gestion et dans l’informatique à distance («cloud»), a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars en France d’ici 2030 dans un pôle dédié à l’intelligence artificielle à Paris et pour soutenir des initiatives dédiées à l’éducation et au développement de compétences dans l’IA.
La société d’investissement Ardian et la plateforme nordique de centres de données Verne, qu’elle contrôle, ont annoncé le développement «d’un campus d’infrastructures numériques» en Île-de-France, pour un montant «pouvant atteindre 5 milliards d’euros», sans échéance précise. Selon les entreprises, «le site accueillera un centre de données dédié notamment au calcul haute performance, à l’entraînement de modèles d’IA et aux applications industrielles avancées», pour «accélérer le développement des capacités européennes de calcul et d’intelligence artificielle à grande échelle». La start-up américaine d’analyse de données et d’IA Databricks a indiqué vouloir investir plus de 300 millions de dollars en d’ici 2029 pour porter ses équipes en France à plus de 400 salariés et former plus de 40.000 personnes à l’utilisation des outils d’IA sur les trois prochaines années.
Plus modeste, le groupe taïwanais Foxconn devrait lui investir 120 millions d’euros, principalement à Angers, pour lancer des lignes de productions de serveurs et de centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, en partenariat avec le spécialiste français des supercalculateurs Bull. Le groupe taïwanais a aussi posé la première pierre de son projet d’usine d’assemblage de semi-conducteurs dans la région de Bordeaux, avec les français Thales et Radiall, annoncée lors du Choose France de 2025. Le géant allemand des logiciels pour entreprises SAP a de son côté annoncé un investissement pouvant atteindre 300 millions d’euros sur les trois prochaines années, «afin de développer ses capacités en matière de cloud souverain et d’IA d’entreprise sécurisée».
Trois nouveaux sites logistiques pour Amazon
Amazon, qui avait dévoilé début mai un plan d’investissement de plus de 15 milliards d’euros en France sur trois ans, a annoncé ce lundi «trois nouveaux sites logistiques en Pays de la Loire, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine». Il s’agit d’un centre de distribution et deux agences de livraisons. Ces trois sites sont censés créer 1000 emplois, en plus des 7000 d’ici 2028 déjà promis par le géant américain du e-commerce début mai. Il s’agit du plus gros investissement en France de la firme de Seattle. Avec le centre de distribution prévu à Ensisheim (Haut-Rhin), ces quatre sites représentent plus de 400 millions d’euros d’investissements.
VGP, développeur et gestionnaire belge de parcs industriels et d’activités, annonce, lui, «un investissement de plus de 1,5 milliard d’euros», permettant «la création de 5000 emplois» en six ans. Sur le volet transport logistique, le groupe allemand DHL annonce un investissement supplémentaire d’environ 160 millions d’euros sur la période 2026-2027, «destiné à la modernisation de ses infrastructures et à sa transition écologique». De son côté, le polonais InPost, propriétaire de Mondial Relay, prévoit d’investir au moins 500 millions d’euros supplémentaires en France d’ici 2030.
«La première aciérie en France depuis plus de 50 ans»
Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia va investir 600 millions d’euros de plus dans son projet de production d’acier primaire décarboné à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), baptisé Mistral. Le montant total atteindra ainsi environ 1,2 milliard d’euros. Ce projet «donnera naissance à la première aciérie en France depuis plus de 50 ans et au premier grand laminoir depuis cette période», a indiqué le groupe dimanche, dans un communiqué.
Des projets en lien avec la transition énergétique
L’énergéticien portugais EDP prévoit 1,3 milliard d’euros de nouveaux investissements d’ici 2030 pour des projets éoliens, solaires, de stockage par batteries et d’infrastructures de réseau. L’allemand Enertrag consacrera 1,1 milliard d’euros d’ici 2030 dans «de nouvelles infrastructures énergétiques» avec là aussi «de nouvelles capacités renouvelables et de stockage par batteries». L’entreprise britannique Octopus prévoit, elle, d’investir jusqu’à 150 millions d’euros pour construire une usine de pompes à chaleur en France.
L’agroalimentaire représenté par Mars et Ferrero
Le géant américain de l’agroalimentaire Mars a annoncé investir plus de 100 millions d’euros sur des sites dans plusieurs régions pour «moderniser les infrastructures, augmenter les capacités de production, réduire l’empreinte environnementale et améliorer la performance opérationnelle et logistique pour mieux servir les clients et consommateurs français et européens».
De son côté, le groupe italien Ferrero investira 60 millions, répartis équitablement entre son site de Villers-Écalles (Normandie), pour la production de formats Nutella 3 kg destinés aux professionnels, et son usine de Nieppe (Hauts-de-France), pour une ligne de production dédiée au lancement d’un nouveau produit, les Nutella Cookies, prévu à l’été.
Plusieurs annonces dans la pharma
Le géant pharmaceutique britannique GSK annonce 140 millions d’euros de nouveaux investissements en France, entrant dans un programme de près de 550 millions d’euros sur la période 2026-2028 dans l’Hexagone pour contribuer «directement à la souveraineté sanitaire européenne». Dans le détail, 74,1 millions d’euros seront alloués au renforcement des sites d’Évreux (Normandie), de Mayenne (Mayenne) et de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) tandis que 63,6 millions d’euros seront consacrés à la recherche et au développement (R&D).
Le fabricant suisse de génériques Sandoz a annoncé un investissement supplémentaire d’environ 150 millions d’euros destiné à renforcer les capacités de production de son site Sandoz Biologics France à Toulouse (Haute-Garonne) «dédié au développement et à la fabrication de biosimilaires jusqu’en 2034».
Le laboratoire suisse Stallergenes Greer, l’un des leaders en France des traitements de désensibilisation aux allergies, annonce un investissement de 125 millions d’euros d’ici 2030 sur son site majeur de production à Antony, en région parisienne. Cet investissement, annoncé dans le cadre du sommet Choose France, doit permettre «un doublement», selon la direction, de la capacité industrielle de ce site.
Défense et spatial
Le constructeur de drones portugais Tekever annonce un investissement de 100 millions d’euros en France sur cinq ans, accompagné de la création de 100 emplois qualifiés en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. «Cet investissement double l’initiative annoncée en 2025, portant leur investissement total à 200 millions d’euros et 200 emplois», précise l’Élysée.
L’entreprise monégasque Venturi Space annonce quant à elle un investissement supplémentaire de 150 millions d’euros, portant le montant total à 250 millions d’euros, pour l’établissement à Toulouse de son nouveau centre de technologies. «Il sera dédié à la conception et à la fabrication de technologies critiques pour la mobilité lunaire et martienne, ainsi qu’à l’assemblage des astromobiles développées par l’entreprise», explique la société.
Et aussi…
Ikea mise désormais sur un nouveau format en France : les magasins compacts. Le premier a ouvert le 27 mai à Limoges et un prochain est déjà en préparation au Mans. Lors de ce Choose France, le géant suédois de l’ameublement a annoncé un investissement supplémentaire de 35 millions d’euros sur la période 2026-2030, avec l’objectif d’ouvrir 10 magasins compacts supplémentaires d’ici 2030, représentant à terme environ 300 créations de postes.
De son côté, la banque en ligne britannique Revolut a annoncé un investissement additionnel de 100 millions d’euros d’ici 2030 et la création de 200 emplois supplémentaires, principalement dans les domaines de la lutte contre la fraude financière et du développement commercial. Le groupe suédois Scania a quant à lui présenté un projet d’investissement de près de 70 millions d’euros pour la production de camions électriques sur son site d’Angers.
Par J.D.S. avec AFP
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