Édouard Philippe rejette la “primaire des démocrates” proposée par Gabriel Attal
Invité du “20 heures” de TF1, le candidat Horizons à la présidentielle a fustigé une idée qui “se propose de rassembler des gens qui ne sont pas d’accord”.
2 novembre 2026 (Le Figaro) : S’il restait peu de doute sur les intentions d’Édouard Philippe, au vu des réactions négatives de son entourage, son silence entretenait un léger suspense. Une réponse d’autant plus guettée que l’horloge tourne, alors qu’il reste moins de six mois avant la présidentielle. Quatre jours après l’appel de son rival de Renaissance, Gabriel Attal, à organiser une «grande primaire des démocrates» pour conjurer le second tour LFI-RN annoncé par les sondages, le maire du Havre (Seine-Maritime) lui a opposé une fin de non-recevoir, ce dimanche au «20 heures» de TF1. «C’est une primaire de la division et de la confusion», a-t-il cinglé, persuadé que cette compétition «n’aura pas lieu». Car elle viserait, selon lui, à «rassembler des gens qui ne sont pas d’accord, qui ont d’ailleurs dit à plusieurs reprises qu’ils ne voulaient pas travailler les uns avec les autres».
Peu importe que les voix se soient multipliées en faveur d’une primaire ces derniers jours, de l’ancien premier ministre Michel Barnier à la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, en passant par la présidente de l’Île-de-France, Valérie Pécresse : le candidat Horizons à l’Élysée reste inflexible. Jugeant les prétendants de la droite et du centre «tous légitimes» et estimant nécessaire «qu’ils puissent dire ce qu’ils proposent dans les domaines qui comptent aux yeux des Français», il renvoie au début d’année un départage sur la base des sondages. «Au mois de février, chacun prendra ses responsabilités, j’ai l’habitude de prendre les miennes», a-t-il ajouté, semblant suggérer que les moins bien placés devront alors se retirer.
Une position risquée
Son refus d’une primaire n’est pourtant pas sans danger, car il n’est plus en position de force. Encore devant ses rivaux du bloc central, le Normand décroche dans les intentions de vote depuis quelques semaines. En cause, semble-t-il : la réponse du gouvernement à la crise lycéenne et le choc laissé par les violences du 17 octobre. Le voilà relégué derrière Jean-Luc Mélenchon, au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann et très loin de Marine Le Pen, dans la quasi-totalité des configurations testées par les instituts. De quoi faire craindre, compte tenu de la dispersion actuelle des candidatures entre lui, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard, une élimination générale de la droite et du centre dès le premier tour, qui les réduirait à jouer les arbitres du second.
John Timsit
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