Fièvre éditoriale sur Mai 68

1968- 2008, on n’en est qu’au 40ème anniversaire. Et pourtant les libraires ne savent plus où et comment exposer tous les ouvrages publiés sur les événements de ce printemps-là. De même, la presse écrite, les radios et les télévisions ont eu chacunes leurs numéros spéciaux et leurs émissions dédiées.

Difficile d’échapper en ce joli mois de mai à la vague des témoignages, des analyses, des mises en perspective, des récits, des commentaires, des documents d’archive. Tout un chacun a semble-t-il quelque chose à dire sur le sujet. Jusqu’aux lycéens d’aujourd’hui, dont les parents avaient tout juste 20 ans en 1968, et qui continuent de se réclamer de l’esprit de 68 quand ils défilent aujourd’hui dans les rues pour contester la dernière réforme de l’Education nationale.

Cette fièvre éditoriale aura quand même eu l’intérêt d’apporter des éléments de réflexion aux jeunes générations. Mais aussi aux moins jeunes qui ont peut-être un souvenir quelque peu romancé du contexte de l’époque et de cette révolution revue à l’aune d’une certaine forme de romantisme échevelé.

De cette floraison d’ouvrages, je vais essayer de vous proposer quelques références.

Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy (Denoël) par André et Raphaël Glucksmann qui font de Nicolas Sarkozy la réincarnation de Daniel Cohn-Bendit et le parfait représentant de l’esprit de mai 68.

Que reste-t-il de Mai 68? (Seuil) de Henri Weber, acteur et analyste des événements de Mai 68, tente d’expliquer l’émergence d’un tel mouvement dans la France des Trente Glorieuses où se sont mêlés un soulèvement de la jeunesse, une grève générale et une crise de régime.

1968-2008 : faut-il liquider l’esprit de mai ? (Éd. de l’Aube) de Daniel Cohn-Bendit, grand acteur et icône du mouvement.

Liquider 68 ? (Frémeaux & associés) un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Georges-Marc Benamou, sur la question de l’héritage de 1968.

68 mon amour (Grasset) par Daniel Picouly, 2008). La journée du 29 mai 1968, heure par heure avec, d’un côté, de Gaulle en héros fatigué, et de l’autre, un étrange couple composé d’une nymphomane et d’un anar en fauteuil roulant, qui déambulent dans Paris armés d’une grenade.

Mes soixante huîtres (Folies d’encre) de J.-B. Pouy assurément la plus brève (24 pages) et la plus déjantée de toutes ces parutions.

Le jour où mon père s’est tu de Virginie Linhart, fille de Robert Linhart, le fondateur du mouvement maoïste en France, qui sombra dans une première crise de folie en mai 1968 puis, après une rechute en mai 1981 (ce qui ne s’invente pas), tomba dans un silence définitif. Un témoignage émouvant.

Dictionnaire de Mai 68 (Larousse) de Henri Rey et Jacques Capdevielle, (2008). Pour tout savoir (ou presque) sur Mai 68.

Mai 68 : l’affiche en héritage (Alternatives) de Michel Wlassikoff. Le 14 mai 1968, le comité de grève des Beaux-Arts décide l’occupation des locaux de l’école. L’atelier de sérigraphie est rebaptisé atelier populaire. Le livre retrace l’histoire de l’atelier et présente la quasi-totalité des affiches qui ont parfois si bien illustré le mouvement.

Lu, vu et entendu en mai 68 (Chêne) de Janine Casavecchie, : 150 slogans et affiches sélectionnés pour se souvenir de ces phrases qui continuent de faire rêver  » Sous les pavés, la plage » ou « Il est interdit d’interdire« .

Slogans pour les prochaines révolutions (Seuil) Denis Langlois 250 nouveaux slogans inspirés de ceux qui ont été scandés lors des différentes manifestations pour les révolutions qui restent à faire.

Silvia Cauquil

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