La République Démocratique du Congo accueillera le XIVème sommet de l´OIF

Pour la 5e fois, les représentants de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) se donnent rendez-vous en terres africaines. Au programme de la rencontre : promotion de la langue française et enjeux environnementaux.

OIF 2013Le XIVème sommet de l’OIF se tiendra à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), du 12 au 14 octobre prochains. Dans cette perspective, Yemba Lohaka (ambassadeur du Congo en Argentine) a accepté de rencontrer le Trait-d’Union. L´occasion de préciser les objectifs portés par l´OIF, d’évoquer la place du Congo dans le monde de la francophonie ainsi que les sujets qui seront développés à Kinshasa…

« L’environnement sera au centre des débats »
Parmi les fondements mêmes de l’OIF, on retrouve le partage d’un certain nombre de valeurs: la diversité culturelle, la paix, la démocratie, la consolidation de l’État de droit, mais aussi la protection de l’environnement. Cette fois-ci, le thème central du sommet sera l’environnement. L’idée maîtresse est de proposer un plan d’exploitation rationnelle des ressources naturelles. « Certes, l’exploitation est nécessaire pour accéder à la croissance économique, assure Yemba Lohaka. Mais ce développement ne doit pas se faire au détriment de la nature« . Il ajoute que l’Afrique (en particulier la région des grands lacs), l’un des « poumons mondiaux » en matière de ressources naturelles, est particulièrement concernée par les thématiques environnementales. Le Congo et ses voisins francophones espèrent ainsi trouver dans l’OIF une tribune pour se faire entendre: « plus on est de pays, plus notre voix pèsera dans les décisions internationales« . Aux yeux de Yemba Lohaka, la francophonie est un espace de dialogue qui peut avoir son influence à l’échelle des relations internationales.

« Au Congo, le français nous unit »
Comme l’ont rappelé les manifestations fin mars à Buenos Aires (semaine de la francophonie et journée internationale de la francophonie le 20 mars), la francophonie est un mouvement qui cherche à promouvoir la diversité culturelle. Parmi cet ensemble de pays qui ont en commun la langue française, l’OIF cherche à reconnaître et mettre en avant la diversité culturelle existant entre les pays et les régions. Une devise se devait de résumer cette ambition: « dans la diversité, c´est le français qui nous unit ». La diversité, elle se vérifie déjà avec la présence de francophones sur les cinq continents du globe. Les accents ainsi que les diverses langues locales participent également à cette richesse, à cette complexité présentée par la francophonie. Quoi de plus logique que d’organiser le sommet dans un pays polyglotte comme le Congo ? Ce pays, qui a comme langue officielle le français, reconnaît à côté quatre langues nationales (le lingala, le kikongo, le swahili, le tshiluba) auxquelles on peut rajouter les multiples langues pratiquées par différentes ethnies. Au sein de ce maelström linguistique, Yemba Lohaka indique que c’est « le français [qui] permet la communication et l´union dans un pays multilingue comme le Congo« .
Quant au logo officiel choisi pour ce XIVe sommet international de la francophonie, il est également une parfaite illustration de cette diversité qui caractérise l’espace francophone. Au milieu, on y voit la représentation d’un okapi. Cet animal typique du Congo, composé de pattes de zèbre, d’un corps de cheval et d´une tête de girafe, est encerclé par un tourbillon des cinq couleurs évoquant la francophonie. Cinq comme les cinq continents sur lesquels est présente la langue française.

« L´OIF regroupe des pays francophones et des pays francophiles »
Créée en 1970, l’OIF regroupe aujourd’hui 75 États des cinq continents soit plus d’un tiers des membres de l’Organisation des Nations Unies. Parmi eux, on retrouve les pays qui ont le français comme langue officielle, auxquels se rajoute toute une liste de pays qui partagent une tradition francophile ainsi que les valeurs promues par l’OIF (diversité culturelle, paix, démocratie, protection de l’environnement). Au total, plus de la moitié des pays membres n’ont pas le français comme langue officielle.
Avant de se vouloir être une organisation cherchant à promouvoir la langue française et son apprentissage, l’OIF se positionne comme un véritable acteur international, désireux de peser sur les choix des décideurs.

Fabien Palem

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