Des représentants de l’ONU à l’Ex-ESMA pour parler des disparitions forcées

Vendredi 6 mars, le groupe de travail sur les « disparitions forcées ou involontaires » de l’Organisation des Nations Unies a donné une conférence de presse concluant 4 jours de recherches effectuées dans la capitale argentine. Une session réalisée pour le 35ème anniversaire de sa création dans un lieu hautement symbolique d’une période sombre de l’histoire argentine.

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Jasminka Dzumhur (Bosnie-Herzégovine) ; Ariel Dulitzky (Argentine) ; Houria Es-Slami ( Maroc) ; Bernard Duhaime (Canada) ©KatelAndréani

Il n’y avait pas foule ce matin-là au centre « Archivo Nacional de la Memoria »(ANM), au sein de l’ « Espacio para la Memoria y para la Promocion y Defensa de los Derechos Humanos« (Ex-ESMA). Pourtant, l’événement n’en était ni moins important, ni moins symbolique. Installés derrière une table, face aux journalistes, les cinq experts du groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l’ONU ont présenté les conclusions de ces 4 derniers jours de recherches effectuées dans le cadre de leur 105ème session à Buenos Aires. Rencontres avec les familles des disparus, mais aussi avec les représentantes de l’association des « Abuelas de Plaza de Mayo » et des organisations de défense des Droits de l’Homme, les délégués de l’organisation internationale ont traité au total près de 800 cas de disparus, concernant plus d’une quarantaine de pays différents.

« Nous sommes venus pour enquêter, mais également pour apprendre »

Le président du groupe, l’Argentin Ariel Dulitzky, a salué le travail effectué par la société argentine, qui a su « transformer des lieux symboliques comme celui dans lequel nous nous trouvons en centres de prévention« . Comment répondre aux interrogations suscitées par les disparitions forcées et quelles sont les façons d’y réagir, tels sont les objectifs des visites et sessions effectuées à travers le monde par ce groupe de travail. Ariel Dulitzky a souligné le fait que les disparitions forcées étaient loin de faire parties du passé. Récemment au Mexique, en Ukraine ou dans les pays sous influence de l’État Islamique, tout comme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les cas sont nombreux et l’obtention de réponses difficile.

« Il est important de garder à l’esprit que les cas connus ne sont que la partie immergée de l’iceberg »

Conflits armés, instabilité politique, régimes dictatoriaux, trafic de personnes, narcotrafic, terrorisme, pauvreté, situation des sans papiers ou encore conflits interethniques, les causes de disparitions forcées ou involontaires sont multiples et complexes. « Le plus difficile dans ces cas de disparus, est probablement d’obtenir la coopération de l’Etat« . Plus de 30 ans après la fin de la dictature argentine, le pays reste un symbole dans la lutte contre les disparitions forcées. L’Ex-ESMA, aujourd’hui espace de mémoire, est un témoignage douloureux du passé argentin, mais aussi un symbole d’espoir pour toutes les familles des disparus, qui à l’heure actuelle et partout dans le monde, sont encore à la recherche de réponses.

L’Espacio para la Memoria y para la Promocion y Defensa de los Derechos Humanos propose des visites guidées du lundi au vendredi, de 11h à 16h30, avec réservation préalable. visitasguiadas@espaciomemoria.ar / Tel : 4704-7538

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