Douce, un livre de Sylvia Rozelier

Le vendredi 15 mars, la librairie franco-argentine Las Mil y Una Hojas Libros accueillait l’auteure Sylvia Rozelier à l’occasion de la sortie de son nouveau roman.

Elle a tout particulièrement choisi la librairie de Mónica pour l’attache sentimentale et amicale qu’elle lui porte, pour faire la promotion de Douce, paru en 2018.

Sylvia Rozelier est une auteure française, Douce est son troisième roman paru aux éditions « Le Passage ». Depuis l’enfance, elle rêve d’écriture et de belles lettres, mais contrainte à se diriger vers d’autres horizons, elle enfouit en elle ce désir pendant des années. Elle se tourne d’abord vers des études de droits, qui la passionneront pendant de nombreuses années. Alors doctorante, c’est lors de l’écriture de sa thèse que son désir d’écriture refait surface. Une phrase qui la bouleversera ranime en elle ses rêves d’enfant. Elle quitte son université et sa thèse pour refaire sa vie et se consacrer pleinement à l’écriture. C’est ainsi qu’elle publie son premier roman Deux Heures en 2006, roman de l’amour maternel. L’Amour, l’amour occupe une place centrale dans l’œuvre de Sylvia Rozelier, l’expression des sentiments et émotions liés à l’amour est une nécessité, une priorité pour l’auteure.

Douce n’y fait pas exception, présenté comme le roman de l’amour fou, Sylvia Rozelier est revenue sur cette thématique lors de sa conférence à Buenos Aires. En partie autobiographique, l’ouvrage raconte l’histoire d’amour passionnel, d’amour fou de « douce », surnom du personnage, et de son compagnon. Pour elle l’écriture est une tentative de dévoilement, se dévoiler c’est se libérer, c’est ainsi qu’elle a choisi d’aborder l’intime à travers le récit de cette relation, afin de s’émanciper. Douce est l’histoire d’un amour qui hante, d’un amour tragique à la façon de Racine, d’un amour impossible et transgressif. Douce est pourtant une femme ancrée dans son époque, fière de ses convictions et de ses idéaux, l’homme, quant à lui est décrit comme un Don Juan, qu’elle apparente à Heathcliff, personnage des Hauts de Hurlevents d’Emily Brontë. Deux êtres que tout oppose, qui vivront par ailleurs une passion qui durera huit ans. Pour Sylvia Rozelier, un tel amour recèle une part d’ombre, une part de pathos, qui finira par prendre le dessus.

Profondément attirée par le pouvoir des mots, elle s’inspire tour à tour d’Annie Ernaux et de Marguerite Duras pour écrire un amour d’occupation et de ravissement, au sens d’une dépossession des êtres amoureux. Elle décrit les deux protagonistes comme étant ravis à eux même, plongés dans une passion dévorante dont ils ne sortiront pas indemnes. Elle rajoute alors que les deux amoureux se racontent l’amour plus qu’ils ne le vivent. Deux amoureux, amoureux de l’amour, de l’idée de l’amour qu’ils se font, de l’amour mythique et romanesque, de celui que l’on retrouve dans la littérature.

A une époque où émotions et sentiments sont la plupart du temps réprimés, cachés, Douce est un coup d’éclat qui inverse la tendance.

De nature assez solitaire, Sylvia Rozelier parcourt actuellement l’Argentine et la Patagonie pour l’écriture de son prochain roman. Ce nouveau roman trouvera certainement sa source dans le silence et le retranchement patagons dans lesquels a choisi de se plonger l’auteure.

 

Elhia PASCAL-HEILMANN.

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