Fumeurs, étudiants, mineurs… Qui sont les 402 personnes interpellées après les incendies ?

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé, mardi 4 août, que 402 interpellations liées à des incendies ont été réalisées sur le territoire depuis le début de l’été. Plusieurs personnes ont déjà été jugées.

6 août 2026 (Nouvelobs) : Quatre cent deux personnes ont été interpellées en lien avec les incendies en France depuis le début de l’été, a annoncé mardi 4 août le ministre de l’Intérieur lors d’un point de situation au Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Cogic), place Beauvau à Paris. Sur ces 402 personnes interpellées, dont 156 sont mineures, « 36 sont en détention, soit qu’elles aient été condamnées, soit qu’elles soient en attente de jugement », a précisé Laurent Nuñez.

Au total, « depuis le début de la saison, nous en sommes à 14 540 feux ou départs de feu » pour une superficie « brûlée » de « 120 000 hectares », a-t-il encore indiqué, assurant toutefois que « la situation s’améliore ». Neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine, la foudre comptant une grosse part pour les 10 % restants.

Les plus gros incendies de la saison en France sont néanmoins d’origine accidentelle. Selon les premiers éléments d’enquête, le feu de forêt de Saumos en Gironde, déclaré le 22 juillet dernier, aurait été déclenché lors d’une opération de débroussaillage effectuée par un sous-traitant d’Enedis. Néanmoins, deux personnes ont été interpellées, indique « Ouest France » : elles ont provoqué des départs de feux alors même que les pompiers se battaient déjà contre l’incendie. Il s’agit d’un homme, un brancardier, qui a « mis le feu à des arbustes » et d’un adolescent de 15 ans interpellé alors qu’il « venait de mettre le feu à des broussailles à proximité du foyer où il était placé ».

Cent cinquante-six mineurs interpellés

Même scénario à Fontainebleau. L’incendie qui a ravagé quelque 2 000 hectares de forêt en Seine-et-Marne semble avoir été provoqué accidentellement par des ouvriers. Les deux hommes sont poursuivis pour « destruction involontaire par incendie, […] par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence », avait indiqué mi-juillet Diane Ngomsik-Kamgang, procureure de la République de Fontainebleau. Là encore, en marge de cet incident, d’autres individus ont profité de l’incendie pour déclencher des départs de feux. Deux hommes âgés de 18 ans, un étudiant en droit et un sapeur-pompier volontaire ont admis être chacun distinctement à l’origine d’un départ de feu, selon nos confrères de BFMTV. Ils ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

Dans le Var, « la piste volontaire est écartée pour l’incendie principal » qui a violemment touché le massif du Gros Bessillon, avait indiqué fin juilllet le commandant de la gendarmerie du département lors d’une conférence de presse à Pontevès. Cependant, là encore, « l’hypothèse de mises à feu volontaires est sérieusement envisagée » dans la violente reprise d’incendie qui a démarré vendredi au sud du brasier principal, a indiqué mardi le parquet de Draguignan. Dans la même zone du centre du Var, un homme de 23 ans est soupçonné d’avoir provoqué une dizaine de départs de feu entre le 19 et le 24 juillet, avaient précédemment indiqué le parquet et les gendarmes. Arrêté le 25 juillet, il a été mis en examen et placé en détention provisoire.

Parmi les personnes interpellées, 156 sont des mineurs. « Ça fait partie des auteurs réguliers que l’on rencontre. Il y a ceux qui veulent simplement s’amuser et qui peuvent être très jeunes. Récemment, à Toulon, nous avons eu un enfant de 12 ans », a confié mardi Raphaël Balland, le procureur de la République de Toulon, à RMC. A l’autre bout de la France, en Bretagne, les gendarmes ont également arrêté un mineur soupçonné d’avoir allumé deux feux de broussailles à Damgan, dans le Morbihan. Il a été placé sous contrôle judiciaire, rapporte France 3 Bretagne.

« Une politique pénale extrêmement répressive »

Du côté du gouvernement, chacun assure que la réponse policière et pénale sera sévère. Le 30 juillet dernier, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a martelé qu’il souhaite faire passer un « message d’extrême fermeté », indiquant que, dans 70 % des cas, le départ de feu est volontaire. « Les procureurs ont une politique pénale extrêmement répressive », avait assuré le locataire de la place Beauvau. Selon les informations de RMC, le ministre de la Justice Gérald Darmanin aurait également demandé aux parquets d’apporter une réponse ferme aux suspects déférés.

Tout au long du mois de juillet, quelques jugements ont déjà eu lieu en comparution immédiate. Le 20 juillet dernier, un homme de 36 ans a été condamné à dix-huit mois de prison dont six mois ferme par le tribunal de Perpignan, rapporte France 3 Occitanie. L’homme, autiste et alcoolique, a mis le feu à un sac rempli de déchets et ainsi brûlé 100 mètres carrés de végétation dans les Pyrénées-Orientales. Une semaine plus tard, le tribunal de Clermont-Ferrand a condamné un homme de 27 ans à six mois de prison ferme, selon « la République du Centre ». Le jeune homme avait allumé le feu « sur un coup de tête » dans la commune de Gignat détruisant une dizaine d’hectares de végétation, précise le journal.

Non loin de là, dans l’Allier, le tribunal de Moulins a condamné le 28 juillet deux hommes de 29 et 39 ans à, respectivement, 18 mois de prison ferme et 6 mois avec sursis. Ils ont provoqué un incendie qui a ravagé 74 hectares en transportant une caravane sans pneus, décrit « Ouest-France ». Le même jour, un homme de 34 ans a été condamné par le tribunal de Mont-de-Marsan pour avoir déclenché deux incendies près de Biscarrosse à quatre ans de prison dont 18 mois de sursis probatoire, alors même que les pompiers se battaient contre un feu dans les Landes, écrit Ici Gascogne. Cet homme, un sans-domicile fixe multicondamné selon la radio locale, a jeté deux mégots par la fenêtre de sa voiture.

Par Service Actu (avec AFP)

 

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