Primaire de la gauche : lors du premier débat, Ségolène Royal épinglée sur l’Ukraine et Israël

Lors du premier débat de la primaire de la gauche sociale-démocrate, mercredi soir, Ségolène Royal a été mise en difficulté sur ses positions sur la guerre en Ukraine et le conflit israélo-palestinien.

24 septembre 2026 (France 24) : Les cinq candidats se sont aussi violemment affrontés sur la question d’une éventuelle alliance avec LFI aux législatives.

Les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate se sont affrontés mercredi 23 septembre notamment sur la question de l’Ukraine et du conflit israélo-palestinien, où Ségolène Royal a été mise sous pression, lors d’un premier débat télévisé.

Lors d’une émission sur LCI au format “face aux Français”, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 s’est retrouvée en difficulté, face à ses concurrents Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, lorsqu’elle a défendu l’idée de négocier avec la Russie pour résoudre le conflit avec l’Ukraine.

Celle qui avait attaqué ces derniers jours le favori du scrutin Raphaël Glucksmann, qu’elle avait qualifié de “stagiaire”, a estimé qu’il fallait “aider l’Ukraine à obtenir une paix juste et durable”, mais “certains nous disent qu’on n’a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre”, a-t-elle déploré.

Mais Poutine “n’a aucune intention de négocier” avec les Européens, a rétorqué Raphaël Glucksmann, appelant au contraire à “résister, aider les Ukrainiens parce que c’est notre première ligne de défense”.

Ségolène Royal dénonce des “caricatures” et des “procès d’intentions”

Ségolène Royal avait, lors du début de l’invasion russe en Ukraine en 2022, mis en doute la réalité de certains massacres, avant de s’excuser. Elle est depuis régulièrement accusée de complaisance envers le Kremlin, ce qu’elle a réfuté mercredi soir. Jérôme Guedj lui a reproché “un flottement” sur le sujet.

Ségolène Royal a également dû se défendre après avoir estimé que “la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël” mais “aux actuels dirigeants” du pays, et qu’en ce sens il faudrait “plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe” à Gaza “est intolérable”.

Une injonction “incroyable” pour Jérôme Guedj. “Dire que c’est aux juifs de se justifier du gouvernement israélien, c’est essentialiser le conflit”, a-t-il poursuivi, rejoint par Raphaël Glucksmann qui a jugé que c’est “avec ce type de discours qu’à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu’ils ont une kippa”. Ségolène Royal a dénoncé des “caricatures” et des “procès d’intentions”.

Olivier Faure a de son côté plaidé pour que le mot de génocide soit utilisé pour évoquer ce qui se passe à Gaza, ce que refuse de faire Raphaël Glucksmann. “Prononcer le mot de génocide, ça a un poids. Quand Pedro Sánchez parle d’un gouvernement génocidaire, ça a du poids. Et nous avons besoin de ce poids-là pour dire stop à ce massacre insupportable”, a insisté Olivier Faure.

Les candidats ont également étalé leurs divergences sur le prix des carburants, les retraites ou la dette. Ils se sont aussi divisés sur une éventuelle alliance avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI) à la présidentielle et aux législatives.

Une éventuelle alliance avec LFI divise

Alors que trois des candidats, Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, ont refusé d’exclure un rapprochement avec LFI aux législatives, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann et le député Jérôme Guedj ont dénoncé leur positionnement.

Le député Jérôme Guedj s’en est pris directement à Olivier Faure, lui reprochant son alliance lors des législatives anticipées de 2024 avec LFI. “La godille, c’est bon pour le ski, pas pour la gauche”, a-t-il lancé, assurant que lui-même “s’en fichait de la survie d’un groupe socialiste” à l’Assemblée.

“Vous glissez dans la soumission à La France insoumise…”, a-t-il encore déploré. “Pas d’insulte !”, a rétorqué Ségolène Royal.  “Si vous ne voulez pas faire d’alliance avec la gauche, vous voulez la faire avec la droite”, a-t-elle critiqué.

“Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche ! Si vous dites aux électeurs insoumis qu’ils sentent mauvais, ils ne viendront jamais !”, a répondu Olivier Faure, appelant à s’occuper de l’extrême droite “qui pour la première fois depuis Vichy, effectivement, peut l’emporter”.

“Si par malheur Marine Le Pen arrive à l’Élysée”, il faudra “se rassembler” à gauche, a aussi argumenté Emmanuel Maurel.

Mais pour Raphaël Glucksmann, “pour battre l’extrême droite, y compris aux législatives, si vous arrivez avec une alliance avec LFI, vous perdez”, estimant que Jean-Luc Mélenchon “fait trop peur à trop de monde”.

Philippe Brun ne fera pas partie de la primaire

L’un des cinq candidats sera désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, comme le représentant de la gauche social-démocrate à la présidentielle. Mais ce sera sans le député Philippe Brun, la justice ayant rejeté à deux reprises mercredi sa demande de réintégration dans la primaire.

Le député de l’Eure, qui avait ses parrainages pour être candidat, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire du Parti socialiste et donc de la primaire, après des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice. Affirmant n’avoir “jamais été violent avec personne”, l’élu avait demandé en référé sa réintégration dans ce processus de désignation, dénonçant “un coup monté” de la direction du PS.

Débouté une première fois dans la matinée par le juge des référés, Philippe Brun l’a été une deuxième fois dans la soirée, par la cour d’appel. Elle a estimé qu’il ne pouvait “soutenir sérieusement que la procédure prévue par les termes des statuts du Parti socialiste n’a pas été respectée, voire aurait été dévoyée”. Elle a également estimé incontestable “l’existence d’un signalement (de la plaignante, ndlr) à la date indiquée, ce qui dément suffisamment les manœuvres dolosives invoquées par” Philippe Brun.

Dans un communiqué, le PS s’est félicité que la justice ait établi “que c’est à tort que Philippe Brun a porté des accusations” contre la direction. Il s’agissait du premier des trois débats prévus pour cette primaire et destinés à attirer le grand public et rendre le corps électoral le plus large possible. Les organisateurs espèrent au moins 100 000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d’électeurs).

 

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