Accusations de détournement de fonds publics : Édouard Philippe placé sous le statut de témoin assisté
Édouard Philippe, candidat à l’élection présidentielle, a été placé sous le statut de témoins assisté dans l’enquête ouverte notamment pour détournement de fonds publics au sein de la communauté d’agglo du Havre.
30 octobre 2026 (Le Parisien) : Le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe a été placé jeudi sous le statut de témoin assisté dans l’enquête ouverte notamment pour détournement de fonds publics, favoritisme et harcèlement moral au sein de la communauté d’agglo du Havre, ville dont il est maire, a appris l’AFP de sources proches du dossier.
L’ancien Premier ministre (2017-2020) a été entendu toute la journée par deux juges d’instruction financiers, qui l’avaient convoqué pour l’entendre comme témoin assisté, un statut moins incriminant qu’une mise en examen. « Édouard Philippe se félicite de cette décision favorable qui confirme qu’il n’y a rien à lui reprocher dans cette affaire », a réagi son avocat, Emmanuel Marsigny, sollicité par l’AFP. Édouard Philippe a été maire du Havre entre 2010 et 2017, il l’est de nouveau depuis 2020. Il est également président de la communauté d’agglo du Havre depuis 2020.
Ce statut de témoin assisté peut être modifié au cours de l’enquête si des éléments nouveaux apparaissent. Mais en l’état, la perspective de poursuites judiciaires s’éloigne pour l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron.
Soupçons de favoritisme
L’affaire avait démarré suite à une plainte d’une ancienne directrice générale adjointe à la communauté urbaine du Havre, Cornélia Findeisen. Son avocat a aussi réagi à l’AFP, se réjouissant « que l’instruction suive son cours ».
Les soupçons de Cornelia Findeisen portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre signée en juillet 2020 par Édouard Philippe, alors devenu président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, et Stéphanie de Bazelaire, en tant que présidente bénévole de l’association LH French Tech. Cette association, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général. Seule candidate, LH French Tech devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets.
Cornelia Findeisen, directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole entre septembre 2020 et avril 2023, a déposé deux plaintes. Une première en 2023, qui a abouti à l’ouverture d’une enquête préliminaire et des perquisitions menées par le parquet national financier. Une seconde en juin 2025, cette fois-ci avec constitution de partie civile, entraînant en mai 2026 la saisine de juges d’instruction financiers parisiens.
Harcèlement moral
Cette plainte vise également Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole.
Les juges d’instruction devront « apprécier si un pacte a été conclu entre Édouard Philippe et Stéphanie de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique », est-il noté dans la plainte, consultée par l’AFP.
Après ses alertes, Cornelia Findeisen dit avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. À sa demande, elle a obtenu en janvier 2025 le statut de lanceuse d’alerte. Interrogée jeudi, elle a dit à l’AFP « faire confiance à la justice ». Cette audition d’Édouard Philippe « montre que mon alerte méritait d’être instruite », a-t-elle estimé.
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