Inauguration de « La Nuit des Idées » à l’ambassade
|L’ambassade de France a accueilli, vendredi 16 mai, chercheurs, intellectuels et journalistes à l’occasion du lancement de la 9e édition de La Nuit des Idées, cette année, autour du thème : Le pouvoir d’agir *
L’ambassadeur Romain Nadal a donné le coup d’envoi, par un discours célébrant l’amitié franco-argentine. Il y a évoqué les écrits de Samuel Huntington et Francis Fukuyama, pour souligner l’importance d’un dialogue multilatéral dans un monde traversé par des crises systémiques.
Frédéric de Pétris, directeur de l’Institut français, a ensuite présenté la riche programmation de ces journées, articulée autour de thématiques brûlantes : crises politiques, intelligence artificielle, précarité, sécurité alimentaire. Une édition 2025 marquée par la venue d’intellectuels comme Laurent de Sutter et Pierre Dardot se déroulant à Buenos Aires, mais aussi dans sept autres villes du pays.
La directrice de la Fondation Medifé, partenaire de l’événement, a, à son tour, pris la parole pour rappeler l’engagement de la fondation en faveur du devoir intellectuel.
Miguel Bonnefoy
Parmi les invités, se trouvait Miguel Bonnefoy, tout juste rentré de Rosario, où il s’était rendu pour le volet rosarien de la Nuit des idées. Trait-d’Union s’est entretenu avec l’auteur, dont deux de ses romans ont dernièrement été lus dans le cadre du Club de lecture A voix haute : Héritage et le Rêve du Jaguar. Miguel vit à Toulon, mais garde dans son cœur un lien fort avec l’Amérique latine, où il a grandi, notamment à Caracas, qu’il a habité de manière fragmentée, pendant quatorze ans.
Actuellement plongé dans l’écriture de son prochain roman, Bonnefoy confie que quand vient le moment d’écrire il peine à trouver un lieu propice. Sa création littéraire demande “du silence et de la concentration“. Une passion nourrie par une double influence, d’un côté, sa mère diplomate vénézuélienne, de l’autre, son père, réfugié politique chilien : c’est ce dernier qui l’a initié à une vision engagée du monde qui l’entoure.
Il souhaite rester discret sur sa vie personnelle pour éviter l’attention médiatique, reflétant sa simplicité et se réservant ainsi l’espace nécessaire pour laisser libre cours à sa créativité. Créativité qu’il nourrit quotidiennement, il note en effet toutes les idées qui lui viennent dans un petit calepin moleskine qu’il a toujours sur lui. Modulant entre écriture à la main et sur ordinateur, que « Proust aurait adoré » assure-t-il : évoquant l’habitude qu’avait l’auteur de A la recherche…d’insérer des chapitres entiers entre les pages de ses brouillons et de ses manuscrits.
Enfant de la troisième culture, Miguel Bonnefoy considère l’Amérique latine comme la terre de son imaginaire et de ses racines, à l’image de sa plume, généreuse et profondément humaine.
Un personnage chaleureux, qui manie aussi bien le français que l’espagnol.
On retiendra cette phrase que sa maman lui répétait enfant, résonnant comme un vers de poésie, “lo que cuenta realmente son los pájaros…” – “ce qui compte vraiment, ce sont les oiseaux”-.
Mathilde Hagobian
*https://lanochedelasideas.ifargentine.com.ar
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