Présidentielle 2027 : Gabriel Attal à son tour visé par “une ingérence en provenance de Russie”
L’ex-Premier ministre est la troisième personnalité politique à être visée par une manœuvre de déstabilisation émanant de Moscou après Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann.
6 août 2026 (Le Parisien) : Après Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann, au tour de Gabriel Attal. L’ancien Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle 2027, a fait l’objet d’une tentative de déstabilisation émanant de Moscou.
Selon les informations du Parisien, le patron de Renaissance a été prévenu mardi soir qu’une campagne le visait par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).
Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en France, a confirmé à l’AFP avoir détecté mardi cette opération de désinformation, qu’il impute avec « une confiance élevée » au réseau prorusse Matriochka (terme russe pour désigner des poupées gigognes), une information que Le Parisien est en mesure de confirmer. Cette opération est restée « peu visible » avec quelques milliers de vues, selon une source sécuritaire.
Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann, eux, avaient été ciblés par le groupe Storm-1516. Ce même groupe avait usurpé l’identité d’un journaliste du Parisien pour s’attaquer à Emmanuel Macron.
La une du Parisien de lundi détournée
Les faux contenus publiés sur X ont usurpé l’identité visuelle de médias français (RFI, BFM, Ouest-France, Libération, France 24 mais aussi l’AFP dans une des vidéos), affirmant notamment que Gabriel Attal présentait « des signes de la maladie de Parkinson » ou plaiderait pour une politique plus favorable à l’égard des squatteurs de logements vides. La une du Parisien de lundi a également été détournée, faisant apparaître la mention : « Comment Gabriel Attal va-t-il expliquer ses liens avec les trafiquants de drogue ? »
« Nous faisons évidemment le lien avec sa détermination contre les ingérences russes et l’attaque ukrainienne, son engagement pour l’Ukraine, ses fonctions de président du groupe d’amitié France-Ukraine et son statut de candidat à la présidentielle », dit-on dans l’entourage de l’ancien Premier ministre. « Cette campagne va être d’une violence et d’un niveau de manipulation inouïs », estime cette source.
Le mode opératoire Matriochka, actif depuis 2023, s’appuie sur la publication de faux contenus, diffusés de manière coordonnée sur les réseaux sociaux, puis relayés par des utilisateurs interpellant directement des médias pour qu’ils se penchent sur les fausses informations en question. Une méthode qualifiée « d’entreprise de diversion » par les experts. Cette campagne avait notamment ciblé les Jeux olympiques de 2024.
