Manifestations, interdictions… À quoi s’attendre ce samedi 31 octobre, “acte III” de la mobilisation contre la vie chère ?

Gilets jaunes, lycéens, étudiants et syndicats appellent à manifester samedi contre la vie chère. Les trajets des cortèges vont être disputés entre organisateurs et préfectures.

30 octobre 2026 (Le Parisien) : Prévu samedi 31 octobre, l’« acte III » de la mobilisation contre la « vie chère » devrait, encore une fois, largement rassembler. L’appel à manifester a d’abord été lancé samedi dernier par des Gilets jaunes, relayé notamment sur le site Internet 17octobregiletjaune.net, qui recense pour l’instant 553 mobilisations prévues dans toute la France, dont de nombreux « sit-ins ».

Les lycéens et étudiants se joindront au mouvement. Lundi, malgré les annonces du gouvernement, l’intersyndicale jeunesse (Fage, Union étudiante, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne) et les organisations Les Lycéens ! et Renouveau lycéen ont appelé à retourner dans la rue samedi. L’intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires et FO) a également annoncé sa participation aux cortèges dans plusieurs villes.

Plusieurs organisations militantes appellent par ailleurs à des rassemblements nocturnes « à 20 heures sur toutes les places de France », à l’occasion d’Halloween. Des regroupements déjà affublés du slogan « Nuit des ténèbres », en référence à un slogan qui a la cote en manifestation.

Des trajets débattus

Des manifestations sont prévues dans de nombreuses villes. À Paris, la CGT a déclaré un parcours reliant Bastille à Nation. Les Gilets jaunes ont prévu un autre trajet de Bastille jusqu’à la place de la Concorde, en passant par Opéra. Reste à savoir si la préfecture de police le validera. Dans le cas contraire, les Gilets jaunes se réservent le droit de porter plainte.

La préfecture, qui pourrait prononcer des arrêtés d’interdiction sur ces trajets, a proposé un tracé reliant la porte de Bagnolet à la porte de Charenton. L’intersyndicale a saisi le juge des référés pour forcer la préfecture à publier son arrêté rapidement, afin qu’ils aient le temps de le contester auprès du tribunal administratif.

À Lyon, une manifestation « contre la vie chère » samedi a reçu le feu vert de la préfecture du Rhône. « Enfin ! La préfecture a validé la manifestation que nous avons déclarée hier. Nous appelons » lycéens, étudiants, travailleurs à « nous rejoindre en nombre », ont indiqué les syndicats Solidaires, CNT-SO Rhône-Alpes et l’Unef Lyon.

La préfecture a confirmé avoir rencontré les organisateurs et donné son feu vert à « un parcours de Manufacture des Tabacs jusqu’à Jean Macé en passant par Garibaldi et Berthelot », hors de l’hypercentre où toute manifestation a été interdite ces derniers jours. Des manifestations ont également été déclarées à Nice, Caen, Besançon…

Vers un dispositif policier massif ?

En attendant d’éventuelles interdictions ? Lundi, Emmanuel Macron a annoncé que les tracés des manifestations samedi prochain resteraient hors des centres-villes, comme ce fut le cas le week-end dernier à Paris, pour protéger les commerces et le « calme » lors de cette nouvelle journée « à risque ».

Un Conseil de défense se réunissait mercredi afin de préparer, selon les termes employés par l’Élysée, le dispositif de maintien de l’ordre « du week-end à venir et des manifestations suivantes » (notamment le jeudi 5 novembre) et ainsi « prévenir le défaut d’anticipation » du 17 octobre. Le 24 octobre dernier, la journée s’était déroulée sans incident majeur.

Un dispositif policier massif avait alors été mis en place pour éviter tout fiasco. La BRI (Brigade de recherche et d’intervention, unité d’élite de la police), le Raid (unité d’intervention spécialisée de la police), le GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), des hélicoptères, des centaures et des engins lanceurs d’eau avaient notamment été déployés.

Dans une lettre adressée aux préfets, et consultée par le Parisien, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a alerté sur un « risque de violences urbaines » qu’il estime « très élevé » pour la journée du 31 octobre.

« Ont été repérés sur les réseaux sociaux de multiples appels à rassemblements dans les centres villes, sur toutes les places publiques, au prétexte de la fête d’Halloween. L’analyse de l’infographie de ces appels ne laisse pas de doute sur les intentions de leurs auteurs de commettre de nouvelles exactions », a-t-il développé.

Léo Aguesse

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