Alain Fohr : le moment du décryptage

3Helléniste de formation, Alain Fohr apprécie les qualités de tolérance et d’ouverture qu’apporte cette formation humaniste. Il est le frère –jumeau- de Serge Fohr qui l’a précédé à Buenos Aires de 1997 à 2000, comme Délégué général de l’Alliance française et qui se trouve actuellement en poste à Madrid. Alain Fohr a choisi de venir en Argentine, un pays ayant de profondes affinités culturelles avec la France, qu’il trouve fascinant, complexe et souvent déroutant.

Alain Fohr souligne qu’il désire avant tout s’appliquer à décrypter ce que les Argentins attendent de la coopération avec la France. Une coopération intéressant en premier lieu la formation des hommes comme la coopération universitaire ou la recherche, mais aussi, et ceci est moins connu, une coopération sous forme d’apport d’expertise dans des domaines aussi variés que la santé publique, la réforme de l’Etat et de l’appareil administratif, l’environnement, la sécurité alimentaire, les infrastructures touristiques…

Concernant la langue française, Alain Fohr tient à répéter que la politique actuelle de coopération ne vise nullement à tenter de récupérer la place prépondérante qu’elle occupait jusqu’au milieu du XXème siècle, mais plutôt de faire comprendre l’atout majeur que représente aujourd’hui le plurilinguisme.

L’apprentissage de deux ou trois langues étrangères assure l’accès à des parcours professionnels intéressants, et le français reste une des langues les plus importantes.

Les atouts dont dispose le Conseiller culturel pour mener à bien sa mission sont de poids :

– La qualité et la motivation des enseignants argentins de langue française qui, assure-t-il, font un travail remarquable et n’ont pas baissé les bras au plus fort de la crise,

– Le formidable réseau de consuls honoraires et surtout d’Alliances françaises répartis sur tout le territoire argentin au travers duquel il envisage de canaliser une série d’actions.

– L’excellence des deux établissements d’enseignement franco-argentins, institutions qui jouent un rôle fondamental dans le développement de la coopération franco-argentine.

– L’ « aggiornamento » de l’Alliance française qui a su moderniser ses cours en s’adaptant aux besoins du public, particulièrement avec ses produits  « sur mesure« .
Il sait qu’un travail en profondeur reste encore à faire dans différents secteurs, auprès :

– Des personnels détachés, enseignants en particulier, qu’il faut sensibiliser à un réel effort de compréhension du pays qui les accueille.

– Des chefs d’entreprises qui doivent apprendre à capitaliser dans leur société le grand effort de coopération technique, scientifique et universitaire qui est réalisé.

– Des institutions internationales pour y intensifier le travail de promotion de l’expertise française.

Alain Fohr trouve intéressant de susciter un rapprochement avec les différents acteurs de la société civile française, par exemple avec les régions, et de plus s’intéresser à des secteurs encore trop peu développés, comme la préservation du patrimoine naturel, la santé publique et d’autres.

L’un des souhaits d’Alain Fohr est de trouver un biais pour tenter d’intéresser les jeunes Argentins à la France. Cela pourrait se faire par le truchement de la musique, du sport.

Le Conseiller culturel se prend à rêver en esquissant un vœu : si déjà chaque collégien de Martinez ou chaque lycéen de Mermoz se transformait en « diffuseur » de la culture française, cela contribuerait à créer chez eux un plus grand intérêt pour la connaissance de la France et du français.

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