Au coeur de la Patagonie andine, voyage à Lago Epuyén

210La route nationale 258 qui relie Bariloche à Esquel sillonne les superbes vallées andines. En ce début d’automne, les nuances jaunes et rousses des peupliers et des arbustes de Rosa Mosqueta font de superbes taches sur le fond encore vert des autres arbres. Pourtant, pas question de se laisser hypnotiser par le ruban d’asphalte : pour connaître la Patagonie, il faut quitter le confort, tâter du ripio et prendre les chemins détournés.

El Refugio del Lago, qui s’annonce quelques kilomètres après avoir fait le plein de provisions à El Bolsón, est une occasion parfaite. Après avoir pris à droite on découvre Epuyén. Quelques virages de plus et nous voilà arrivés à la Hostería Refugio del Lago. Oubliez les cabanes en rondins façon Walt Disney de Bariloche : ici c’est de l’authentique. En France, on appellerait ça une ferme-auberge. C’est superbe, et une fois passés le chien et les chats qui viennent à notre rencontre, Sophie Dupont, la dueña, nous accueille.

Arrivée en Argentine en 1977 « juste pour faire une saison de ski« , cette bourguignonne devenue monitrice à Val d’Isère est rapidement tombée amoureuse de cet endroit et a fini par s’y installer définitivement en 1978 avec son mari. Le voyageur d’aujourd’hui imagine mal les difficultés de l’époque : pas de goudron bien sûr, ni d’eau courante, de téléphone, d’électricité ou de gaz. Après près de dix ans passés à faire les saisons de ski à Bariloche en hiver et les récoltes de fruits le reste de l’année, Sophie Dupont achète en 1988, avec son deuxième mari, ce qui est aujourd’hui El Refugio del Lago.

Quelques chambres dans le bâtiment principal, une cabaña à coté, un embarcadère au bord du lac Epuyén, un camping un peu plus loin, que demander de plus ? Sophie et Jacques (en ce mois d’avril il termine la saison de ski en France) proposent tout ce qui permet de profiter de la Patagonie : ballades en bateau, pêche, randonnées et, pour les plus exigeants, du trekking à pied ou en ski qui vous emmène jusqu’au Chili. Sans oublier la cuisine (française ou locale) de Sophie, faite en partie avec les pro-duits du potager.

« Je souffre beaucoup en ville » explique Sophie en riant, pour tenter d’expliquer son installation dans ce « trou perdu ». »Je n’ai jamais vécu en ville, sauf le temps de mes études. Mon père était médecin de campagne, et ensuite ça a été les Alpes et Val d’Isère« . Aujourd’hui sa vie se partage entre les saisons touristiques (été et hiver), ses animaux, son potager et ses arbres fruitiers le reste de l’année, mais aussi la vie locale à laquelle elle participe beaucoup, notamment sur les questions d’environnement.

Quelques autres Français sont aussi installés dans le coin, comme Odile qui tient un restaurant à El Bolsón (La Casona de Odile), ou Jacques Pitte, ancien entraîneur de l’équipe de ski argentine. Quand au lien avec la France, il se fait surtout via TV5 par satellite, et maintenant grâce à internet. Sophie l’avoue sans honte « Ce qui me manque le plus de la France? La famille bien sûr. Et puis les fromages ! Et la moutarde de Dijon aussi. Les Français qui viennent de France doivent nous en apporter s’ils veulent venir ici ! ».

Après quelques jours passés à Lago Epuyén, nous quittons El Refugio del Lago, le voyage doit se poursuivre. Mais on reviendra, c’est sûr…

El Refugio del Lago
Epuyén (Chubut)
Contacts au (02945) 49 90 25 ou sophie@epuyen.net.ar

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