Un savoir-faire précieux

Le Trait-d’Union a été invité par la Fondation Bunge y Born à découvrir un département moins visible de ses activités, celui de son centre d’archives.

Créée par le groupe d’entreprises Bunge y Born à l’occasion de son 80e anniversaire en 1963, la fondation est notamment connue dans le monde pour le prix prestigieux qu’elle décerne aux chercheurs dans le domaine des sciences. L’équipe qui travaille au centre d’archives se compose de six personnes chargées de trier, nettoyer et numériser l’ensemble des documents du fonds Bunge y Born. Avant la création de ce service en décembre 2020, aucun archivage structuré et pérenne n’existait.

Les fonds archivistiques les plus anciens remontent à 1884, année de la fondation de l’entreprise par Ernesto Bunge et Jorge Born. L’immeuble qui les abrite, construit en 1925 dans un style gothique inspiré des corporations hanséates de Bruxelles et d’Anvers, comptait alors parmi les « cathédrales de negocios » qui redessinait avec élégance le centre de Buenos Aires. Les plus vieux registres sont des livres de comptes, rangés selon un système de cotes préexistant (AE, AF, AG) qui désignait chacune des voûtes de stockage de l’immeuble, et sert encore de référence pour les archivistes et historiens qui y travaillent. Avant de devenir les salles où reposent les fonds de la compagnie, ces voûtes, aux portes blindées imposantes, servaient de coffres-forts à une banque aujourd’hui disparue.

La sauvegarde des documents tient dans plusieurs procédés rigoureux, tous permis par l’usage de moyens techniques avancés. Selon leurs états, ils sont d’abord nettoyés à sec, feuille par feuille, à l’aide d’une « cloche de stabilisation ». Selon la nature des pièces, trois outils se partagent ensuite leurs numérisations : un scanner zénithal pour les ouvrages reliés, un scanner à plat et une table de prise de vue photographique pour les formats trop grands ou trop fragiles comme livres épais, les affiches et les plans d’architecte. Également, le centre a développé son propre outil d’intelligence artificielle pour transcrire les livres d’actes anciens rédigés en écriture cursive. Ce modèle a été entraîné à partir d’environ 10,000 pages, caractère par caractère, un apprentissage comparé par l’équipe à celui de la lecture chez un enfant.

Au-delà du fonds Bunge y Born, le centre travaille aussi par convention avec d’autres institutions importantes. C’est le cas par exemple du Centre culturel d’Espagne à Buenos Aires. Ces prestations sont réservées à des fonds à caractère patrimonial et historique et ne sont facturées qu’au temps de travail du personnel puisque la fondation Bunge y Born est comme toutes les institutions de ce genre à but non lucratif. Une convention formalise alors le volume de documents concernés. En préservant patiemment cette mémoire d’entreprise vieille de plus d’un siècle, le centre d’archives de la Fondation Bunge y Born redonne à vie un fragment précieux de son histoire économique et sociale. Les équipes ont offert aux membres présents du Trait-d’Union un livre de photos édité en 2025 représentant différentes vues de ce joyau architectural que représente l’immeuble de la fondation situé au 501 de la rue 25 de mayo.

Le Trait-d’Union tient à remercier le directeur Eugenio Torres, l’historien Ezequiel et l’ensemble des membres du département Archives de la Fondation Bunge y Born pour la visite de ses locaux et la découverte de ses activités. 

 

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