Sous la griffe d’une parisienne : La vie est ailleurs…
Chères lectrices et lecteurs du TDU, je me suis laissée dire que je vous avais manqué. Chouette, quel bonheur de se sentir désirée, mon ego de Lionne rassasié, bingo !
Après cette absence de voyageuse, je reviens à mon poste avec gourmandise et pas mal de trucs à vous faire partager.
Il y a des spectacles dont on sort avec une opinion, d‘autres avec une envie de vivre !
Hier soir, invitée à voir Billy Elliot, je suis sortie de la salle avec le cœur un peu plus grand qu’en y entrant. Je l’avais vu à New York. Cette version argentine est différente : une autre énergie, une autre couleur, d’autres références, bref une autre manière de raconter la même histoire.
Et c’est précisément ce qui me plait. Une œuvre n’est jamais morte. Reprise, déplacée, réinventée, sa magie reste intacte.
Au fond, Billy Elliot raconte beaucoup plus que l’histoire d’un petit garçon qui voulait danser : il raconte la liberté d’imaginer une vie, une autre vie.
Il raconte la liberté de vous libérer de votre famille, de votre milieu, de votre histoire, de vous libérer de cette terrible fatalité.
Et de suivre ses rêves coûte que coûte, surtout quand ils paraissent absurdes.
Toute l’équipe formidable du théâtre Opera respire, transpire avec talent sur la musique du grand Elton John, qui vous emporte pendant près de trois heures.
Mais ce qui m‘a frappé le plus, c’était le public.
Les gens étaient heureux. Pas “c’était sympa “, ou “vaguement contents”, non : Heureux. Il y avait cette énergie massive de vie en cadeau.
Sensation si précieuse. Et pourquoi si précieuse, me suis-je demandé ?
Parce que j‘avais quelques jours auparavant, vu Manifestum au théâtre San Martin avec l’immense Marilu Marini et Franco Torchia. Une œuvre militante, politique, qui veut interroger notre présent et imaginer notre futur. Et là, je me suis carrément emmerdée.
Et comme elles peuvent être longues et interminables, 65 petites minutes !!
Une idée ne fait pas nécessairement une œuvre juste.
Une cause admirable ne fait pas nécessairement un spectacle vivant.
C’est, je pense, le grand malentendu de notre époque : confondre message et émotion.
Moi, je suis saturée de discours, d‘alertes, d‘opinions et de devoir avoir un avis sur tout. Moi au théâtre, j‘ai envie de vertige, qu‘on me fasse oublier pendant deux heures la toxique réalité dans laquelle on survit.
Rendez-moi ce sentiment honteux : LE PLAISIR,
L’euphorie, la délectation, l’allégresse, la jubilation !!!
Que l’on me fasse rire, pleurer, rêver, réfléchir mais surtout me faire sortir de mon fauteuil !!
Quelques semaines auparavant, j ‘avais ressenti la même chose au théâtre du Châtelet à Paris devant La vie parisienne d’Offenbach.
La même impression que quelqu’un avait réussi à ouvrir une brèche dans un mur.
Les gens sortaient heureux. HEUREUX. Une bonne dose de dopamines en intraveineuse.
Dans un climat actuel si malsain, le bonheur n’est pas une frivolité, c’est une nécessité…
Et le théâtre qui rend heureux peut être aussi profondément politique, parce qu’il rappelle que l’on est capable ENCORE de ressentir ENSEMBLE.
Alors soyons déraisonnables et fermons sa gueule à la Fatalité. YOUPI.
A bientôt !
@locuradealex
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