Teddy Riner ciblé par le RN et Pascal Praud après avoir confié son inquiétude sur la montée de l’extrême droite

Après le footballeur Kylian Mbappé, c’est le judoka de 37 ans Teddy Riner qui a été visé par des attaques de l’extrême droite pour avoir exprimé “son angoisse” d’une victoire de Marine Le Pen en 2027.

18 septembr 2026 (Nouvelobs) : Ces derniers jours, deux des plus grandes stars sportives françaises ont été vivement critiquées par l’extrême droite. Après le footballeur du Real Madrid, Kylian Mbappé, qui s’est attiré les foudres pour avoir refusé de prendre parti entre les habitants et les migrants à Ceuta, c’est le judoka Teddy Riner de 37 ans qui a été pris pour cible.

Interrogé par l’émission Stade 2 La Quotidienne diffusée mercredi, le quintuple champion olympique a exprimé « son angoisse » d’une victoire de Marine Le Pen en 2027. « Ce qui m’angoisse, c’est la tournure que prend le pays. Ça m’angoisse, même moi, sportif de haut niveau. Ça m’angoisse de voir la montée des extrêmes, ça me fait flipper ». « Des deux extrêmes ? » le relance-t-on. « De l’extrême droite. Il faut appeler un chat un chat. C’est plus ça qui m’angoisse que mon épaule », explique-t-il. De quoi réveiller les médias Bolloré, dont Pascal Praud sur CNews, et les cadres du RN.

« On ne veut pas vous entendre »

Sur Europe 1, l’éditorialiste Laurent Tessier a répliqué par une attaque assénée trois fois, en retournant contre Teddy Riner les propos que le sportif avait tenus en 2016 auprès du « Monde » : « Quand tu es sur le devant de la scène, tu fermes ta bouche. Point. »

« Pauvre biquet. Tout va bien se passer Teddy ! », a lancé de son côté sur X le député RN Julien Odoul, porte-parole du parti qui avait déjà traité Kylian Mbappé de « petite racaille ». Il a parachevé sa comparaison avec un animal avec un « émoji bisous cœur. »

Puis c’est au tour de Pascal Praud, la star de Cnews, d’en faire son édito et d’expliquer que le judoka serait hors-sol des préoccupations des Français : « Teddy Riner ne craint pas l’insécurité, la dette, l’islamisme […] ce qui me frappe toujours dans ces prises de parole, c’est combien elles sont convenues et combien elles sont vides d’arguments. » Et de finir par tenter de discréditer le sportif : « Ce que dit Teddy Riner ou rien, c’est au fond la même chose, les Français s’en fichent ».

« On ne veut pas de l’avis politique des sportifs. On ne veut pas vous entendre », a aussi protesté Aziliz Le Corre, journaliste au « Journal du Dimanche », également propriété de Vincent Bolloré. Une rhétorique se rapprochant d’un appel à la censure.

« Le droit de s’exprimer appartient à chaque citoyen »

Teddy Riner a, lui, gardé son calme sur X : « Être sportif de haut niveau n’empêche pas de garder les pieds sur terre et de porter un regard attentif sur son pays », a-t-il détaillé dans une réponse adressée à Pascal Praud. Et d’ajouter : « Qu’on ne partage pas mon avis, c’est le jeu du débat. Mais le droit de s’exprimer appartient à chaque citoyen, quel que soit son parcours. C’est avec humilité et conviction que j’entends participer au débat d’idées sur l’avenir de cette France que nous aimons toutes et tous ».

Le quintuple champion olympique, qui espère finir sa carrière par un nouveau titre aux JO de Los Angeles en 2028, a plusieurs fois laissé entendre qu’il pourrait ensuite s’engager en politique. « Ce n’est pas le moment, mais je ne ferme aucune porte », a-t-il ainsi répété sur RTL mercredi.

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