La coopération militaire franco-argentine

La venue de la Jeanne à Buenos Aires est surtout l’occasion de renforcer la coopération militaire entre la France et l’Argentine. D’autant qu’elle s’accompagne de la prochaine cession de deux navires de guerre français « L’Ouragan » et « L’Orage », avec du matériel.

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Cette coopération militaire passe, généralement, par la visite des chefs d’Etat Major, au moins une fois par an, dans chacune des deux nations. Et qui met l’accent, depuis plusieurs années, sur la formation.

« Nous ne recevons pas beaucoup de fonds du gouvernement, moins que l’Afrique par exemple, qui pour des raisons historiques est le continent phare de la coopération militaire »

explique le Colonel Mora. Moins que le Brésil ou que le Chili également. Mais 95% de ce budget est consacré, chaque année, à la dite formation. En 2005, 2000 personnes auront bénéficié de ces programmes. Une organisation gérée, en grande partie, par le lieutenant colonel Jaffrès, responsable français au CAECOPAZ, le centre de formation des forces argentines pour le maintien de la paix. Des stages de formation sont prévus, chaque année. Une place est réservée, à l’Ecole Supérieure de Guerre, à Paris, au meilleur élément argentin, des cours de français sont donnés aux soldats des trois armées. Les meilleurs contingents argentins en partance pour Haïti ont fait l’objet d’une attention toute particulière. « Ils ont reçu des CDRom avec les traductions de l’espagnol au français et même au créole. C’est une force de plus quant ils arrivent ensuite sur le territoire », explique le Colonel. Une fois la formation achevée, la coopération purement militaire peut commencer.

Que retirent les Français de cette coopération militaire ?

Le Colonel Mora affirme tout d’abord, qu’il y a véritablement échange de compétences. Il est toujours intéressant d’apprendre comment fonctionnent les armées moins bien pourvues, comment elles s’ingénient pour manœuvrer des engins jugés obsolètes par des professionnels plus nantis. Surtout, il s’agit « d’influence ». « La coopération militaire va bien au-delà d’un simple échange d’armes », explique le Colonel Mora. Il s’agit en réalité d’économie, de politique, de culture. Une œuvre diplomatique, en sorte.

« Nous participons au rayonnement de la France, à travers nos idées, nos valeurs. Nous avons un travail proche de celui de la francophonie d’une certaine manière »

résume-t-il. Il est vrai que cela fait toujours plaisir de voir flotter le pavillon français dans le port de Buenos Aires.

Eléonor Le Bugle

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