Olivier Ubertalli, journaliste et acteur français

Olivier vit en Argentine depuis 7 ans, joue dans le nouveau film de Daniel Burman « La suerte en tus manos », dont la sortie en salle est annoncée pour le jeudi 29 mars. Entretien avec l´ancien collaborateur du Trait-d´Union, qui interprète aujourd´hui le « franchute » du film. Entretien.

olivierTrait-d’Union: C´est la première fois que vous tournez dans un film argentin. Quel rôle avez-vous dans « La suerte en tus manos » ?

Olivier Urbetalli :Daniel Burman, le réalisateur du film, cherchait un Français pour jouer le rôle de l’amant froid et distant de l’actrice principale, l’Argentine Valeria Bertucelli. Je joue deux scènes dans le film avec elle. Comme c’est une comédie romantique grand public, Burman voulait jouer sur les clichés. Moi qui parle « porteño » au quotidien depuis 7 ans, j´ai dû me remettre à parler castellano avec un accent français. Ça a été assez dur !

T-dU : Qu´est-ce que vous a apporté cette première expérience ?

OU: Tout d´abord, j’ai eu la chance de travailler avec le jeune réalisateur Daniel Burman, l’un des principaux metteurs en scène de la Nouvelle Vague argentine. L’actrice Valeria Bertuccelli est aussi très douée. Plus largement, j’espère que ce film m’apportera une certaine visibilité dans le milieu artistique ici, même si je sais que c’est dur. En Argentine, il y a des milliers d’étudiants en cinéma !

Td-U: Quel est votre parcours jusqu´à présent dans le monde du théâtre et du cinéma ?

OU: J’ai commencé à l´âge de 16 ans en France. On a monté avec mon professeur « Les trois sœurs » de Tchekhov et « Antigone ». En Argentine, j’ai eu un second rôle dans le film « La Traque », réalisé par le Français Laurent Jaui. L’année dernière, j’ai aussi eu la chance de travailler avec Serge Nicolaï du Théâtre du Soleil de Paris. Pendant plusieurs semaines, j’ai suivi son cours, de manière intensive : on répétait plus de 10h par jour ! Enfin, en juin et juillet prochains, je jouerai dans deux pièces à Buenos Aires : « Escocia » (adaptation porteña de Macbeth) de Verónica Santalego et « Hormigas desnudas » de Sacha Amaral.

T-DU: Le théâtre vous plaît-il plus que le cinéma ?

OU: Au cinéma, en tant qu’acteur, on attend souvent des heures pour seulement quelques minutes de passage. Le théâtre est, au contraire, extrêmement vivant. Je suis surtout fasciné par la scène théâtrale argentine. Il y a, ici, énormément de jeunes dramaturges qui créent des pièces originales et innovantes. A Buenos Aires, on peut voir des représentations partout, même dans les caves de maisons de particuliers ! Je suis moi-même en train d’écrire une pièce, « El Asado violento », comédie sur la culture argentine vue par un européen. Pour mener à bien ce projet, je vais suivre des cours avec le célèbre dramaturge argentin Mauricio Kartum.

T-DU: Vous êtes également journaliste correspondant pour de nombreux journaux français. Cela vous plaît-il de pratiquer les deux professions simultanément ?

OU: J’aimerais pouvoir continuer à exercer ces deux passions. En Argentine, il me semble plus facile qu’en France d’allier les deux. Les carrières sont peut-être ici moins figées. Pour autant, en ce moment, je consacre plus de la moitié de mon temps au théâtre, entre les répétitions, les cours… Je me donne deux ans pour voir si ça fonctionne. On verra!

Maëlle Kerguenou

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