Clôture du 72ème festival de Cannes

Le Festival vient de s’achever et les Palmes d’or ont été remises

Il faut dire qu’il y a eu quelques surprises. Aucun prix pour Quentin Tarantino Once Upon a Time in Hollywood… avec Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Margot Robbie? Cela est très surprenant. Un prix d’interprétation masculine pour Antonio Banderas : ses remerciements en espagnol ; il dédie sa palme à Pedro Almodovar…qui lui n’a reçu aucune récompense… Dommage, son Douleur et gloire était un peu autobiographique…c’était aussi un de ses meilleurs films. Pas de prix non plus pour le beau mais très déprimant film de Ken Loach Sorry we Miss You.

Mais alors, qui a été sélectionné ? Au début du festival, Alejandro Gonzalez Iñarritu, le président du jury nous avait prévenu : la sélection de cette année porte sur des films mettant en relief la conscience sociale et l’urgence de solutionner les problèmes de misère et manque d’adaptation. Un peu partout dans le monde nous sommes témoins de populations broyées par les inégalités, les climats sociaux instables et dangereux.

Beaucoup des films présentés mettent en relief ce mal-être.

Nous aurions pu y penser en voyant Sylvester Stallone, honoré hier soir pour sa formidable carrière, et en visionnant…Rambo ! Le soldat revenant du Vietnam, désespéré et rejeté par son propre pays aveugle et sourd à son destin tragique.

Les films sélectionnés

Le film Sud-Koréen Parasite réalisé par Bong Joon-Ho reçoit la Palme d’or. Interaction entre une famille richissime et une famille au chômage.

Atlantique de Mati Diop reçoit le Grand Prix. Mati est la première femme noire en compétition au Festival. Dans une banlieue de Dakar les ouvriers d’un chantier qui construit des tours futuristes n’ont pas été payés depuis plusieurs mois,

Le Prix du jury récompense deux films :

Les Misérables de Ladj Ly. (Voir l’article du Trait d’Union)Le film se passe en France à Montfermeil (où se situent Les Misérables de Victor Hugo) et témoigne du désespoir des différents groupes du département 93 et des policiers chargés de les encadrer.

Bacurau de Kléber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, brésiliens. Un village s’efface de la carte lorsque sa doyenne disparaît.

Dans Little Joe de Jessica Haussner, Emily Beecham reçoit le prix d’interprétation féminine. Le film évoque une plante qui rend les gens heureux…mais à quel prix ? Indifférence, passivité …. (Prozac ? Marijuana ?)

Dans Douleur et gloire Antonio Banderas, qui semble reprendre la vie d’Almodovar, difficile et maladive, reçoit le prix d’Interprétation masculine.

Le jeune Ahmed de Jean Pierre et Luc Dardenne prix de la mise en scène. Il s’agit d’un jeune émigrant en Belgique manipulé par son Iman le transformant en religieux extrémiste.

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, prix du scénario.Très beau film. Histoire d’amour contrarié d’une jeune fille contrainte d’épouser un homme qu’elle n’aime pas.

It Must Be Heaven d’Elia Suléiman relate la vie d’un palestinien cherchant une autre vie ailleurs… et ne se trouve tranquille nulle part.

Le 72ème festival s’est achevé avec de très beaux films, un palmarès surprenant. Delon et Stallone grandes stars du cinéma ont été honorées.

Beaucoup de grands artistes sur les marches, des admirateurs, une foule colorée et des vêtements extraordinaires ont investi les rues, les restaurants, les bars, les plages.

Demain tout redeviendra calme pour un moment. Si le beau temps réapparaît (il fait presque toujours un temps “pourri” pour le festival) nous irons rêver sur les plages.

Bianca McMaster