Dialogue entre Pierre Michon et Olivier Guez

L’écrivain Pierre Michon en visite à Buenos Aires, invité par la UNTREF, a rencontré à l’Alliance Française l’écrivain-journaliste Olivier Guez* : leur dialogue a porté sur le processus d’écriture d’histoires de fiction et de non-fiction.

Michon n’écrit que des romans de fiction ; tandis que les narrations de Guez se basent sur des faits réels. Il y a toutefois des points communs entre les deux façons de ces écrivains de conter leurs histoires.

Pour écrire La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez a fait une enquête, il a rassemblé toutes les informations, et a ensuite écrit l’histoire en prenant pour modèle De sang-froid, l’emblématique oeuvre de Truman Capote. “Un journaliste ne peut pas inventer. Mais je dois reconnaître que J’ai ajouté certains détails, j’ai enjolivé. Sans inventer de témoignages, j’ai essayé de rendre une atmosphère particulière”.

Olivier Guez a poursuivi en racontant que, dans l’enquête sur Mengele, il y a une scène particulière – la rencontre entre le médecin et le nazi Adolf Eichmann -, personne ne sait exactement où ils se sont vus. Il a, alors, choisi un endroit spécial, qui selon lui s’adapte, parfaitement à la scène qu’il décrit : le restaurant ABC, ce restaurant allemand, ouvert à Buenos Aires en 1929 et qui existe encore de nos jours.

Se référant à De sang-froid, il souligne que “50 ans après, personne ne sait ce que Capote a inventé. Ce dont on se souvient, c’est de l’histoire”.

Michon fait un travail similaire. “Tous les personnages qui apparaissent dans ‘Les Vies Minuscules’ sont des personnes que j’ai connues. J’avais toute la liberté d’écrire sur ces personnes, je pouvais leur donner une vie dramatique”, a-t-il ponctué.

Grand amateur de peinture, Michon a déclaré qu’il a beaucoup analysé l’oeuvre de Vincent Van Gogh ; il s’est alors décidé d’écrire une histoire de fiction sur le destin d’un de ses tableaux.

Le dialogue entre Michon et Guez, modéré par la journaliste spécialiste en littérature Silvia Hopenhayn, a eu lieu dans le cadre de la visite de Michon à Buenos Aires, au cours de laquelle il a, également, donné une conférence à la UNTREF, fait une présentation au MNBA (Museo de Bellas Artes de Buenos Aires) et rencontré ses lecteurs dans la librairie de Las Mil y Una Hojas.

Ana Bórmida

* C’est la deuxième visite d’Olivier Guez à Buenos Aires cette année : il était, en février dernier, venu présenter son livre, traduit en espagnol, « La disparition de Josef Mengele », prix Renaudot 2018.

 

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