Natacha Polony n’exclut pas une candidature à la présidentielle pour “rendre aux Français leur voix”

Dans un long entretien au Parisien, l’essayiste annonce créer un mouvement pour “tous les orphelins de la politique” et trace quelques lignes programmatiques, sans se déclarer officiellement.

29 août 2026 (Le Figaro) : La rumeur courait depuis plusieurs mois. Interrogée en mai dernier sur ses ambitions pour l’Élysée sur RTL, où elle était invitée pour parler de son livre La France, corps et âme (Plon), Natacha Polony éludait la question, préférant afficher comme ambition de «peser» sur le débat public. «J’ai envie qu’on arrête de faire comme si on avait tout essayé et qu’on ne peut rien faire», avait-elle répondu. Dans les colonnes du Parisien  ce vendredi après midi, l’essayiste et directrice de la revue L’Audace ! franchit un nouveau cap, en annonçant lancer son mouvement pour «tous les orphelins de la politique, les forces vives du pays qui n’attendent qu’à se rassembler pour faire revivre la France». 

«Le temps viendra de donner à cette dynamique un nom, des contours… Mais je veux perturber le jeu politique, aujourd’hui sclérosé et verrouillé, pour rendre aux Français leurs voix. Je refuse de simplement commenter le désastre à venir. J’ai donc décidé de prendre ma part dans ce grand débat présidentiel», a-t-elle déclaré. Jusqu’à briguer l’Élysée ? «Je n’exclus rien», a-t-elle répondu, tout en précisant «chaque chose en son temps et n’ajoutons pas un nouveau nom à ce brouhaha actuel ! Il y a pléthore de candidats qui s’agitent, font des propositions incohérentes et inaudibles, sans cap». Probablement pour la première fois, elle s’adresse directement «aux Français», et «veu(t) leur dire qu’ils ne sont pas condamnés à un vote sacrificiel afin d’éviter un second tour entre Jean-Luc Mélenchon  et Marine Le Pen ». 

«Décréter l’état d’urgence de la production»

Interrogée sur son positionnement sur l’échiquier politique, l’éditorialiste de 51 ans ne souhaite se placer ni à droite ni à gauche. «Ces termes sont galvaudés. Ma lignée, c’est le gaullisme social de Philippe Séguin et la gauche républicaine de Jean-Pierre Chevènement . C’est ça mon histoire politique», a-t-elle justifié. Sa première idée pour le pays : «décréter l’état d’urgence de la production». «Si nous ne produisons pas, nous allons disparaître. Quand on dépend du reste du monde pour son énergie, son alimentation, nous devenons entravés et nous ne sommes plus une démocratie libre», a-t-elle défendu. Un déclassement «réel», mais «absolument pas irréversible», selon la candidate potentielle.

Natacha Polony pose une seconde priorité : les salaires, en appelant à une baisse des cotisations salariales et patronales. «Ainsi, les entreprises pourront et devront augmenter très significativement les salaires grâce aux marges retrouvées». Elle souhaite également «s’interroger» sur la «quantité de travail en France», sans aller jusqu’à se prononcer sur les 35 heures.

Elle balaye toutefois l’idée selon laquelle elle serait à l’origine d’un site intitulé «Polony 2027», comme le disait la rumeur : «ce sont des militants d’Arnaud Montebourg , qui ont des projets, des envies mais pas de candidat. Beaucoup de gens me poussent à l’être.» Serait-elle le «poisson pilote de l’ancien ministre de l’Économie ?», s’interroge le journaliste politique du Parisien, Thomas Soulié. «(Rires.) Je suis honorée qu’Arnaud Montebourg puisse adhérer à mes idées car il était le seul, à l’époque, à parler d’industrie».

Clotilde Jégousse

 

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