“Pas vendables” : pourquoi les moules françaises sont plus petites cette année
Après un été marqué par les canicules et la sécheresse, les moules ont pu moins grandir dans plusieurs bassins français.
15 septembre 2026 (Le Parisien) : Elles sont nombreuses sur les pieux, mais une partie d’entre elles est trop petite pour être vendue. Après un été particulièrement chaud et sec, les producteurs de moules français constatent une croissance moins importante de leurs coquillages. Un phénomène qui pèse directement sur leur production.
Dans la baie de Pont-Mahé (Loire-Atlantique), près de l’embouchure de la Vilaine, Gilles Foucher en fait le constat au moment de la récolte. « Vous voyez : sur une trentaine de kilos de moules sur un pieu, il n’y en aura qu’une vingtaine qui sera vendue », explique à l’AFP le mytiliculteur installé à Pénestin (Morbihan). « Nous avons beaucoup de petites moules sous taille, qui ne sont pas vendables. »
Des pertes équivalent « à un quart de la production »
L’éleveur estime ainsi avoir perdu entre 20 et 25 % de sa production habituelle. À l’échelle nationale, le constat est similaire : les professionnels évaluent à « un quart de la production » les pertes de cet été, selon Philippe Le Gal, président du Comité national de la conchyliculture. Ces dernières années, la production française a oscillé entre 49 000 et 66 000 tonnes de moules par an, selon le ministère de l’Agriculture.
Au nord de la Bretagne, dans la baie de Saint-Brieuc, le mytiliculteur Guillaume Hurtaud, évoque lui aussi une année « catastrophique », avec entre 60 et 75 % de perte de production de moules, sous l’effet conjugué d’attaques « massives » d’araignées de mer, du réchauffement climatique et de l’acidification de l’océan.
Le CO2 émis par les activités humaines change effectivement la composition chimique de l’eau : plus acide et corrosive, les organismes calcaires, comme les moules ou les huîtres, ont plus de mal à se développer.
De plus, « quand il fait plus chaud, les moules consomment plus d’énergie. Et, en même temps, comme il ne pleut pas, il n’y a pas de sels nutritifs dans l’eau. Donc il y a moins de phytoplancton et elles s’alimentent moins », décrit Fabrice Pernet, chercheur à l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer).
En résumé, les coquillages doivent dépenser davantage d’énergie dans une eau plus chaude, alors même que leur nourriture se fait plus rare.
L’an dernier, les scientifiques avaient prédit un « effondrement total » de la production de moules en Méditerranée avec les conditions climatiques attendues en 2050, dans une étude publiée par la revue Earth’s Future.
Mais phénomène ne se limite pas à cet été. « La moule est de plus en plus petite. Ça fait quatre ou cinq ans qu’on le voit vraiment », note Guillaume Hurtaud. Et d’ajouter : « Ce n’est clairement pas rentable aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps je vais tenir. »
J.B.
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