Flambée du prix des carburants : le gouvernement va prolonger les aides ciblées
Emmanuel Macron a demandé au gouvernement sa “totale mobilisation” sur “l’approvisionnement” et la “maîtrise des prix” des carburants, alors que la flambée du coût des pleins d’essence a provoqué des appels à manifester.
17 septembre 2026 (Nouvelobs) : Entre pénurie et flambée des prix, le carburant s’invite au cœur des débats de la rentrée politique. Symbole de la baisse du pouvoir d’achat de nombreux Français obligés de prendre leurs voitures, il inquiète de plus en plus le gouvernement alors que pointent des appels à manifester en octobre, à quelques mois de la présidentielle.
Face au spectre d’un retour des « gilets jaunes », mauvais souvenir de son premier quinquennat, Emmanuel Macron a demandé ce mercredi 16 septembre au gouvernement de se mobiliser pour garantir l’approvisionnement et la maîtrise des prix des carburants. Un sujet qui agite aussi les candidats à la fonction suprême. En fin de journée, l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu a fait savoir à l’AFP plusieurs informations importantes.
• Les aides ciblées bientôt prolongées
Ce mercredi soir, Sébastien Lecornu a ainsi demandé à ses ministres de prolonger jusqu’au 31 décembre les dispositifs d’aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix des carburants, a rapporté mercredi son entourage avec pour objectif de « préserver l’activité économique, l’emploi et la croissance, en donnant de la visibilité aux entreprises ». Pour les pêcheurs, l’aide sera relevée de 25 à 35 centimes par litre, pour les entreprises éligibles du BTP, le soutien sera « prolongé à hauteur de 20 centimes » par litre de gazole non routier, et pour les agriculteurs, l’aide de 15 centimes par litre sera également « prolongée ».
• Macron veut une mobilisation « totale »
Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement sa « totale mobilisation » sur « l’approvisionnement » et la « maîtrise des prix » des carburants. « L’objectif, c’est vraiment dans les jours et dans les semaines qui viennent pour le président de la République de sécuriser ces approvisionnements, sécuriser les volumes », auprès d’autres pays notamment, a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à l’issue du conseil des ministres.
Elle a aussi évoqué un travail « sur une possibilité d’avoir davantage de flexibilité dans la réglementation à l’échelle européenne » notamment pour « assouplir un petit peu le système » concernant les raffineries. Le but étant de « tirer autant que possible les prix à la baisse ou tout du moins de maîtriser leur hausse », a-t-elle dit.
Environ 10 % des stations-service ont une difficulté d’approvisionnement sur « au moins un carburant », dont l’« immense majorité » appartient au réseau TotalEnergies, selon Maud Bregeon. « Je veux encore rassurer sur les chaînes logistiques qui n’ont pas de difficultés anormales par rapport à ce qu’elles sont d’habitude, et en revanche mobilisation particulièrement accrue sur l’approvisionnement à l’échelle internationale », a-t-elle dit.
• Face aux appels à manifester, des nouvelles aides à l’étude
La flambée des prix des carburants a provoqué des appels à manifester évoquant le mouvement des Gilets jaunes, ainsi que le blocage de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée ; celui de Frontignan a également été bloqué. Ce mercredi, ces deux points de blocage ont été levés.
Interrogée sur cette colère, Maud Bregeon a répondu que le gouvernement ne ferme « pas la porte à de nouveaux dispositifs parce que cette situation devient de plus en plus difficile, et particulièrement depuis quelques semaines ». Elle a toutefois refusé de donner un « calendrier » concernant ces nouvelles mesures potentielles, affirmant que le gouvernement étudiait la question « avec la plus grande attention ».
Sébastien Lecornu a demandé mardi à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses de l’Etat en 2027, compte tenu de ce « nouveau choc » sur les prix de l’énergie, alors que les appels à la mobilisation contre la vie chère se multiplient.
• Philippe veut un « doublement » des aides ciblées
Candidat Horizons à la présidentielle, Edouard Philippe avait demandé ce mercredi matin au gouvernement un « doublement » des aides ciblées pour compenser la flambée des prix des carburants, qui serait financé par « des économies sur les dépenses de l’État ». Objectif : « soutenir ceux qui dépendent de leur voiture pour se rendre au travail », explique l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, sans préciser quelles dépenses seraient concernées. « Pour beaucoup, aujourd’hui, faire le plein est devenu un sacrifice », estime-t-il.
L’ancien locataire de Matignon, aux manettes lors de la crise des gilets jaunes fin 2018, explique que « l’expérience (lui) a appris qu’avant de demander un effort aux Français » comme le gouvernement l’envisage dans son prochain budget, « il faut toujours prendre en compte ce qu’ils vivent ». A plus long terme, Edouard Philippe entend « accélérer » l’électrification du pays, qui est « la solution » pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures.
