“On m’exécute en place publique” : Philippe Brun contre-attaque après son exclusion de la primaire de la gauche
Le député de l’Eure a été suspendu du Parti socialiste “en raison d’accusations de violence”, l’empêchant de participer à la primaire.
17 septembre 2026 (Nouvelobs) : Estimant avoir été « exécuté en place publique » sans jamais avoir été entendu, il a annoncé déposer plainte.
Philippe Brun contre-attaque. Ecarté à la dernière minute de la primaire de la gauche démocratique et sociale à la suite d’accusations de violences, le député socialiste s’est défendu ce mercredi 16 septembre en fin d’après-midi en accusant son parti d’avoir « instrumentalisé » un conflit qui l’oppose à une ancienne collaboratrice pour le « tuer politiquement ».
S’il compte contester devant les instances du Parti socialiste (PS) sa suspension qui l’oblige à siéger à l’Assemblée nationale parmi les « non-inscrits », le député de 34 ans a déclaré savoir que la décision n’aurait pas lieu avant « six mois », bien après la primaire qui aura lieu en octobre.
Brun porte plainte à son tour
Réaffirmant qu’« aucune plainte » n’a été déposée contre lui, le député de l’Eure a annoncé lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale déposer lui-même plainte « afin que la justice puisse établir les faits ». « Je refuse de me laisser démolir par de fausses accusations », a-t-il notamment déclaré.
« Il faut quand même qu’on s’interroge sur le précédent que cela crée aujourd’hui. Vous voulez empêcher quelqu’un de se présenter à une élection, vous envoyez un mail à 23h50 pour dire “j’ai été victime de ceci” et, sans aucun contradictoire, sans aucune vérification de quoi que ce soit, sans aucun travail judiciaire, on empêche la personne de se présenter », a-t-il lancé.
Le PS mis en cause
L’élu a mis en cause son parti et le calendrier de sa suspension, le jour même de l’officialisation des candidatures à la primaire en vue de la présidentielle, alors même qu’une commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations et la commission nationale des conflits a été saisie dès juillet. « Pourquoi ne pas m’avoir entendu alors que l’on me dit qu’une commission, et je l’ignorais, a été saisie en juillet et qu’aucune investigation n’a été menée, et que cette commission n’a même pas encore auditionné la personne concernée, la plaignante ? », a-t-il interrogé.
Il a par ailleurs assuré ne faire aucun « procès d’intention à quiconque ». « Je ne sais pas à qui ça sert, je n’étais pas le grand favori de cette primaire (…) je constate seulement qu’on a bafoué absolument tous les principes de droit de la défense pour m’exécuter en place publique », a-t-il ajouté.
Accusation d’un « emploi familial »
Les accusations à l’encontre de Philippe Brun émanent d’ex-collaboratrice licenciée en juin dernier pour « faute grave » et portent sur trois registres : « le registre du harcèlement », celui « des violences physiques » et celui de « l’emploi familial », a précisé la direction du PS à l’AFP. « Depuis [juin], je vis un calvaire », a-t-il souligné, évoquant des preuves de « menaces » et de « harcèlement » à son encontre.
Les accusations d’emploi familial concernent le fait qu’un député ne peut employer une personne issue de sa famille ou un conjoint. « Je n’ai jamais été le compagnon de ma collaboratrice. Elle a un compagnon et elle est pacsée », s’est défendu le député à ce sujet. Il a affirmé qu’il n’y a « eu aucune enquête de la déontologue de l’Assemblée nationale sur le sujet ». « Je n’ai jamais été saisi d’aucun courrier du déontologue de l’Assemblée nationale sur un possible emploi familial », a-t-il martelé.
