Mobilisation lycéenne : après les manifestations de mardi, vers un “acte IV” ce jeudi ?

Entre 266 000 et 450 000 personnes ont manifesté mardi dans l’Hexagone. Malgré des annonces gouvernementales, les syndicats lycéens souhaitent une nouvelle journée de mobilisation jeudi.

7 octobre 2026 (Le Parisien) : Avec 266 000 à 450 000 manifestants partout en France, sans incident majeur, les lycéens ont fait entendre leurs revendications mardi, déterminés à poursuivre la mobilisation malgré l’appel du gouvernement à retourner dès mercredi dans leurs établissements pour dialoguer.

Les organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à poursuivre les blocages. L’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante appellent d’ores et déjà également à de nouveaux cortèges jeudi, dans le cadre d’un « acte IV ». « Si on ne se mobilise qu’un jour, ils vont dire qu’on fait un caca nerveux et ils vont passer à autre chose », anticipe Benjamin, lycéen à Sceaux (Hauts-de-Seine). « Il faut un déblocage du budget », a jugé Suzanne Nijdam, de la Fage, première organisation étudiante.

Mardi, quelque 266 000 manifestants, lycéens, étudiants, mais aussi professeurs, parents et syndicalistes, ont été recensés par le ministère de l’Intérieur dans une trentaine de manifestations, dont 56 000 à Paris. Les organisations lycéennes et étudiantes, appuyées de la CGT, ont comptabilisé 450 000 personnes dans l’Hexagone et 100 000 dans la capitale.

« Un temps de démocratie interne » annoncé dans les lycées par le gouvernement

Lors d’une journée placée sous haute surveillance, après plusieurs jours de tension, 488 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire, contre 1 700 vendredi, selon le ministère de l’Intérieur, qui comptabilise au total, depuis l’extension du mouvement fin septembre, 6 547 interpellations. Mardi, 43 membres des forces de l’ordre ont été blessés, a-t-il précisé.

Des heurts ont éclaté en fin de manifestation à Paris, quand quelques dizaines de manifestants, souvent masqués, ont jeté des projectiles vers les forces de l’ordre, qui ont elles tiré du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes. Un peu plus tôt, la préfecture de police avait signalé la présence de « 300 individus hostiles ». Ailleurs en France, les défilés se sont globalement déroulés sans incident majeur, à l’exception de quelques tensions à Lyon, Nantes, Rennes et Toulouse.

Les étudiants sont également venus grossir les rangs des cortèges, environ 40 % des établissements de l’enseignement supérieur publics étaient perturbés mardi, entre blocages et fermetures administratives, selon le ministère. Plusieurs personnalités politiques de gauche étaient aussi présentes, dont les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Bally Bagayoko, la cheffe des écologistes Marine Tondelier et le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

Devant les députés, le Premier ministre Sébastien Lecornu a invité les élèves mobilisés à regagner leurs établissements à partir de mercredi pour « avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », sous une forme d’une demi-journée banalisée sans cours, en cette fin de semaine. Une organisation jugée quasi-impossible par les représentants des chefs d’établissements.

Au total, 891 lycées sur les 3 700 du pays ont vu mardi leurs cours « suspendus », totalement ou partiellement, selon le ministère de l’Éducation.

 

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