Manifestation du 17 octobre à Paris : la préfecture interdit le départ à Bastille et fixe un itinéraire République-Place de Clichy
Des actions des Gilets jaunes et de plusieurs autres groupes sont annoncées dans la capitale ce samedi.
17 octobre 2026 (Le Parisien) : Si tous les groupes ayant prévu de manifester ce samedi à Paris appellent à un rassemblement à Bastille à 14 heures, la préfecture de police annonce ce vendredi soir l’interdiction de manifester dans plusieurs lieux de la capitale, dont cette place parisienne, mais aussi autour de l’Élysée et Matignon notamment.
La préfecture de Police vient de signer un arrêté d’interdiction partiel et a fixé l’itinéraire suivant : départ de la place de la République jusqu’à la Place de Clichy en passant par les boulevards de Magenta, Barbès et de Clichy.
« Le préfet de Police l’a rappelé, nous avons tenu à dialoguer avec l’ensemble des déclarants afin de parvenir à concilier la liberté de manifester et les conditions de sécurité les plus optimales », indique la préfecture de police. « Les incidents graves constatés à la fin des dernières manifestations, en particulier le 13 octobre, incitent donc à la plus grande prudence dans le choix des itinéraires. Il est important de rappeler que l’arrêté d’interdiction partiel utilisé par le PP n’interdit pas la manifestation mais fixe un itinéraire correspondant mieux aux impératifs de sécurité », insiste-t-elle.
Plusieurs itinéraires envisagés
Deux arrêtés d’interdiction partiels ont été pris par la préfecture de police : le premier, signé hier concernait l’itinéraire initialement déclaré par Interfac IDF, prévoyant une arrivée sur la place de la Concorde. La préfecture de police avait alors fixé un parcours en partant de la place de la République pour rejoindre la Place de la Nation, en passant par le boulevard Voltaire, que les syndicats, les collectifs de Gilets jaunes et plusieurs organisations de jeunesse ont désapprouvé.
Le second, qui vient d’être signé, concerne l’itinéraire présenté par plusieurs Gilets jaunes, auxquels s’est jointe l’intersyndicale. Selon la préfecture, ce cortège envisageait, dans sa déclaration initiale le 8 octobre, de rejoindre la place de la Bastille en partant d’Opéra, puis l’inverse dans une nouvelle déclaration en date du 14 octobre.
La préfecture indique que « la mention de la place de l’Opéra » et « l’absence de consensus malgré les nombreuses réunions » l’ont menée à fixer l’itinéraire République-Place de Clichy.
En complément, tous les rassemblements qui pourraient avoir lieu samedi 17 octobre sur l’avenue des Champs-Élysées, la Place de la Concorde, la Place de la Bourse, la Place du Châtelet, le secteur Châtelet-Les Halles, la Place de la Bastille, la Place d’Italie et leurs abords ainsi que ceux aux abords du Palais de l’Élysée, du ministère de l’Intérieur, de Matignon, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Palais de Justice, de la préfecture de Police, de l’Hôtel de Ville et des gares parisiennes sont interdits. Les contrevenants seront verbalisés à hauteur de 135 euros.
« Le gouvernement est en train de tendre un piège aux manifestants »
Les Gilets jaunes ont déploré ce changement imposé d’itinéraire par le biais d’un communiqué. « Un accord avait été scellé entre toutes les organisations : tenir bon quoi qu’il advienne, notamment sur un point de départ du cortège à la place de la Bastille, lieu hautement symbolique. N’ayant pas de prise sur l’union, la Préfecture de Paris a finalement décidé de publier un arrêté partiel du parcours en interdisant tout rassemblement place de la Bastille, et en imposant un départ Place de la République, point de départ privilégié des syndicats et des mobilisations institutionnelles », racontent-ils. Avant de conclure : « Les collectifs de Gilets jaunes à l’initiative du projet de parcours déclaré regrettent cette situation. »
Pour Benjamin Ball, éditeur du site sur le 17 octobre, bloquons-Tout et marches du climat du 26 septembre, « le parcours est imposé par la préfecture, c’est regrettable. Mais nous serons toutes et tous aux côtés de la jeunesse mobilisée ».
De son côté, Coppélia Moreau, de l’Interfac Île-de-France, estime que « le gouvernement est en train de tendre un piège aux manifestants » qui ont eu toute la journée pour consigne de se rassembler à Bastille, selon elle – la préfecture de police n’a cependant jamais confirmé ce lieu de rendez-vous -. L’étudiante dénonce « une souricière ».
« L’Interfac va appeler à l’unité, à ne pas céder à la division », poursuit-elle, affirmant que le mouvement va, « faute de mieux », suivre le parcours République-Clichy fixé par la préfecture et appeler au rassemblement place de la République à 14 heures. Coppélia Moreau affirme également que l’Interfac a l’intention d’attaquer ces arrêtés en justice.
Sur X, le collectif Peuple Révolté a relayé des itinéraires alternatifs à celui fixé par la préfecture, appelant à des rassemblements dès 10 heures à plusieurs endroits de la capitale.
Par Maïlis Rey-Bethbeder avec AFP et Flavien Gagnepain
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